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Economics

PILI: HIV from the female perspective

Dr. Sophie Harman

La Conférence internationale sur le sida qui s'est tenue la semaine dernière à Durban, en Afrique du Sud, a rappelé que le VIH et le sida demeurent au cœur du programme de santé mondial.

L'inégalité entre les sexes est l'une des questions cruciales à l'heure où les gouvernements et les ONG élaborent des stratégies pour lutter contre le VIH/sida : un sujet majeur pendant les premiers jours de la conférence. En Afrique subsaharienne, où vivent les deux tiers des personnes touchées par le VIH/sida, 56 % des nouvelles personnes infectées chez les adultes et 66 % chez les jeunes sont des femmes. Dans les zones rurales de Tanzanie, le concept « d’abandonnées» est souvent utilisé pour parler des femmes dont les maris sont partis à la suite de leur annonce d’infection par le VIH, les laissant s’occuper de la famille et élever les enfants, et faire face à l'exclusion sociale et économique.

C'est dans ce contexte que j'ai lancé un projet visant à donner une voix à ces femmes et à mieux comprendre les risques socio-économiques auxquels elles sont confrontées au quotidien, avec le soutien d’AXA Research Fund. PILI, un long métrage tragique, est un film basé sur le témoignage de 85 femmes de la région de Pwani en Tanzanie. Les femmes avaient toutes une histoire similaire à raconter lorsque nous leur avons demandé d'exprimer leur expérience du VIH. Le manque d'emploi stable, la stigmatisation sociale, les problèmes d'accès aux traitements et la pauvreté ont été l'expérience de presque toutes les femmes, ainsi que les pressions quotidiennes d'essayer d'élever seules leur famille.

Les stars de PILI ne sont pas des actrices mais de vraies femmes de Tanzanie rurale qui gèrent le VIH et les défis qui vont de pair. Comme 65 % des membres de la distribution de PILI sont séropositifs, nous voulions que leur expérience, leurs défis et leurs émotions soient les moteurs du film. PILI offre à ces femmes marginalisées l'occasion de raconter leur histoire, avec leurs mots, dans leur langue.

La protagoniste du film, Pili, interprété par Bello Rashid, capture les griefs des femmes de la communauté locale. La vie de Pili est limitée par les structures de la pauvreté, du genre et son statut de séropositive, tout comme bon nombre de femmes de la région de Pwani à qui nous avons parlé du VIH/sida. Pili est aussi en train de se stigmatiser ; honteuse de sa séropositivité, elle la garde secrète. Au lieu d'avoir accès aux médicaments antirétroviraux gratuits dans les cliniques locales, Pili choisit de payer le dispensaire local pour des médicaments sous le comptoir, avec le peu d'argent dont elle dispose, afin de cacher sa maladie à sa communauté. En Afrique, le traitement et les soins gratuits sont souvent disponibles, mais seulement un tiers des personnes éligibles y ont accès. Le film suit Pili pendant quatre jours alors qu'elle essaie d'améliorer sa vie, pour elle-même et ses enfants, en essayant de louer un étal de marché, et les problèmes qu'elle rencontre. Cela reflète le rêve de Bello : reprendre les études pour devenir infirmière, motivée par le désir de montrer qu'une personne de son milieu peut faire plus que travailler dans un champ.

La réalisation de PILI a été un défi. L'équipe n'a pas réussi à obtenir un permis de tournage avant le tournage, malgré l'envoi des documents et le paiement des frais de 1 000 £ requis, des mois à l'avance. Cela a rendu le tournage risqué, l'équipe étant confrontée à la maladie, à une tentative d'extorsion, à la corruption du gouvernement local et le film a failli ne jamais voir le jour. Le soutien de la communauté, des agents de santé régionaux et locaux et des femmes de la région qui figurent dans le film a été la seule raison pour laquelle nous avons pu terminer ce film. La détermination constante des femmes impliquées dans le projet, qui font face à des difficultés quotidiennes, a mis nos problèmes en perspective.

PILI offre une tribune pour l'histoire de ces femmes marginalisées. Le film vise à mettre l'accent sur l'impact socio-économique du VIH/sida sur les femmes d'une communauté rurale de Tanzanie, en démystifiant les perceptions du virus à travers l'expérience personnelle. Ce film n'est pas seulement l'histoire de Pili, c'est aussi la réalité de milliers de femmes des zones rurales de Tanzanie qui sont aux prises avec l'impact quotidien de la maladie, la pauvreté et leur détermination à faire de leur mieux pour leur famille.

PILI est actuellement en phase finale de montage et sera présenté en avant-première l’année prochaine.

Suivez l’avancée de PILI sur Twitter @PiliFilm et Facebook.

Ce projet est soutenu par AXA Research Fund.

Source : Huffpost

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Source : Huffpost