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Nouvelle chaire AXA sur les risques climatiques en Afrique

Professeur Mark New - University of Capetown

Préparez-vous à affronter fréquemment des conditions météorologiques extrêmes

Le professeur Mark New, titulaire de la chaire AXA en risques climatiques en Afrique, une première du genre en Afrique, prévient que le changement climatique joue en faveur d'une météo désastreuse.

La grave sécheresse qui met à mal depuis deux ans l'approvisionnement en eau de la province du Cap-Occidental en Afrique du Sud risque de se reproduire deux fois plus qu'auparavant, en raison des conséquences dévastatrices du réchauffement et du changement climatique. C'est ce qu'a déclaré le professeur Mark New, récemment nommé titulaire de la chaire AXA sur les risques climatiques en Afrique à l'Université du Cap (UCT).

Des données préliminaires inquiétantes suggèrent que des événements météorologiques extrêmes comme cette sècheresse intense pourraient se produire deux fois plus souvent, soit une fois tous les 25 ans plutôt qu'une fois tous les 50 ans, déclare le professeur New. Si ces relevés sont confirmés, le système d'approvisionnement en eau du Cap-Occidental devra être repensé. À l'heure actuelle, il est conçu en prenant en compte deux saisons sèches désastreuses par siècle.

 « Le changement climatique a faussé les dés », déclare M. New, qui dirige l'Initiative pour le Climat et le Développement de l'Afrique de l'UCT. « Lorsque nous pensons à la gestion des risques et à la gestion des ressources en eau, nous nous basons sur ce genre de probabilités », explique M. New. « Si vos données d'entrée pour la conception de votre système d'eau sont erronées parce que les dés sont pipés, alors vous devez changer vos données d'entrée. »

C'est là que New et ses collègues entrent en jeu.

La chaire AXA, lancée le 6 avril 2017, est la première du genre en Afrique. Le leader mondial de l'assurance AXA soutient cette chaire pour 15 années de recherches qui permettront une meilleure gestion des ressources, pour faire face aux risques liés au changement climatique. Le Pr. New est le premier titulaire de ce qu'AXA appelle une chaire de succession : un nouveau chercheur sera nommé tous les cinq ans, ce qui inciterait les meilleurs chercheurs en changement climatique à s'installer à l’UCT. « C'est l'occasion de développer la carrière de chercheurs qui sont sur le point d'atteindre le niveau de maître de conférences », dit le Pr. New.

Que peut-on attribuer au changement climatique ?

Le domaine de compétences du professeur New en climatologie s'appelle l'attribution.

 « Il s'agit essentiellement de savoir dans quelle mesure les gaz à effet de serre modifient les risques climatiques auxquels nous sommes exposés », explique le prof. New. « Une forte pluie qui provoque beaucoup d'inondations au Cap. C'est le changement climatique ? »

La réponse simple, dit le Pr. New, n'est pas si simple. Il y a eu des phénomènes météorologiques extrêmes bien avant que les gaz à effet de serre ne commencent à polluer l'atmosphère.

« Ce que nous pouvons dire, c'est que le réchauffement climatique modifie la fréquence et l'intensité de ces événements », dit-il, « Si les risques changent - et la recherche suggère qu'ils changent - la façon dont nous gérons ces risques doit changer aussi. »

L'évolution du risque exige une gestion différente des ressources

Prenons l'exemple de l'approvisionnement en eau du Cap-Occidental.

La province tire l'essentiel de son eau d'un confluent artificiel de la rivière Berg, de la haute Breede, des Steenbras et du Palmiet. Ce système suppose une sécheresse catastrophique tous les 50 ans. Il est ainsi conçu pour 49 rendements fiables tous les demi-siècles.

Mais avec la possibilité réelle d’avoir des sécheresses plus fréquentes, et surtout lorsque ces sécheresses durent deux ans, le système pourrait devoir être repensé, dit le Pr. New.

« Nous parlons de risques précis et immédiats », dit le Pr. New.

Le risque précis est que le réchauffement de la planète transforme le climat et la configuration des précipitations. Les risques immédiats concernent la façon dont les systèmes paysagers façonnés par l’homme influent sur notre vulnérabilité aux risques à l'échelle mondiale. Quand il s’agit d’inondation, pensez aux toitures des maisons, aux systèmes de drainage et de gestion des eaux pluviales, que les rivières soient dans des canaux en béton ou des lits naturels, et ainsi de suite.

« Ma maison sur les pentes de la Montagne de la Table ne sera jamais inondée parce que les pluies extrêmes ruissèlent sous terre », dit-il. Il est fort probable qu'un habitant du quartier informel de Cape Flats verra son habitation précaire inondée parce que la nappe phréatique se remplira et débordera.

« Nous nous intéressons donc à la façon dont la gestion humaine du paysage modifie la sensibilité à ces événements pluviométriques externes et à la façon dont nous pouvons modifier le paysage pour réduire ces risques. Cela permettra ensuite aux personnes qui doivent gérer les risques de comprendre comment elles doivent modifier leurs stratégies de gestion afin d'assurer des conditions de vie plus sûres et meilleures. »

La grande question

La grande question du Pr. New est donc de savoir dans quelle mesure exactement le risque a changé, et ils travaillent à l’obtention d’ une réponse définitive.

 « Nous devons encore travailler pour arriver à une réponse plus solide sur la façon dont le risque d’occurrence d'un événement de cette ampleur a changé, mais il semble que le risque ait changé en raison du changement climatique », dit le Pr. New. « Nous sommes extrêmement fiers de soutenir ce programme de recherches unique, Mark New et son équipe de chercheurs, acteurs du changement en matière de climatologie en Afrique et œuvrant pour un avenir meilleur », a déclaré Raphaël Gusdorf, responsable par intérim d’AXA Research Fund.

AXA Research Fund, initiative de mécénat scientifique du Groupe AXA, soutient également des recherches clés en santé menées à l'Université du Cap : Nadia Chanzu travaille sur l'amélioration du système immunitaire des mères face au VIH et à la prématurité et Abhimanyu Abhimanyu cherche à prédire la tuberculose chez les populations à risques.

Article Yusuf Omar. Photos Michael Hammond / Robyn Walker.