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Pourquoi faut-il se préoccuper de l’odorat des poissons ?

Une nouvelle étude démontre qu’en raison d’un niveau de CO2 plus élevé dans les océans, causé par le changement climatique, les poissons marins pourraient bientôt perdre une partie de leur odorat. Cela aurait des conséquences négatives sur la conservation des espèces, les stocks de poissons et donc l’approvisionnement alimentaire mondial. Soutenue par AXA Research Fund, la biologiste marine Dr Cosima Porteus et son équipe à l’Université d’Exeter ont publié leurs résultats en Juillet 2018 dans la prestigieuse revue scientifique Nature.

La chercheuse postdoctorale canadienne est soutenue financièrement par l’initiative de mécénat scientifique d’AXA. Travaillant à l’Université d’Exeter, elle a expliqué dans un article de CBC (en anglais) les résultats de l’étude qu’elle a menée. Alors que les niveaux de CO2 dans l’atmosphère augmentent en raison de l’activité humaine, environ 25% de ce CO2 est ensuite absorbé par les océans. Cette hausse des niveaux de CO2 conduit à un phénomène nommé l’acidification des océans.

« Les changements dans la chimie de l'eau qui se produisent dans les océans affectent probablement la façon dont les petites molécules se lient aux récepteurs dans le nez des poissons et, par conséquent, diminuent les capacités olfactives des poissons », a expliqué le Dr Cosima Porteus à CBC.

Le problème ? Les poissons ne s’appuient pas autant sur leur vision qu’on pourrait le croire : ils utilisent au contraire leur odorat dans de nombreuses situations, par exemple pour trouver de la nourriture, mais également pour localiser les partenaires potentiels, trouver un lieu de vie approprié, ou encore éviter les prédateurs.

En menant ses recherches sur le bar (ou le loup) commun, une espèce à l’importance commerciale significative avec plus de 160 000 tonnes vendues chaque année, le Dr Porteus et son équipe ont découvert que le comportement de ces poissons est sévèrement modifié lorsque cette espèce est exposé aux niveaux de CO2 attendus dans nos océans autour de 2100. Par exemple, les poissons « sont moins réactifs à l’odeur des prédateurs et ont tendance à rester figés davantage ».

A ces niveaux de CO2, l’odorat des poissons est diminué de moitié. Comme les mécanismes mis en œuvre dans le sens de l’odorat sont communs à de nombreuses espèces aquatiques, les effets d’une concentration plus élevée de CO2 sur l’odorat des espèces aquatiques pourraient menacer un large éventail d'écosystèmes naturels et, en fin de compte, affecter notre approvisionnement alimentaire.

Le Dr Cosima Porteus conclue sur ces mots : “Notre étude est porteuse d’espoir, car elle représente un avertissement pour l’avenir. Cela n’est pas encore en train de se produire, donc si nous pouvons réduire nos émissions de carbone, c’est évitable d’une certaine façon. Mais nous devons agir rapidement ».

L’article du Dr Porteus dans Nature Climate Change est consultable ici.

Regardez une video explicative du Dr Porteus ci-dessous:

AXA Research Fund (le Fonds AXA pour la Recherche) est né de la conviction que la science a un rôle crucial à jouer pour répondre aux principaux enjeux de demain. Depuis 10 ans, l’initiative de mécénat scientifique d’AXA s’engage pour soutenir la science, contribuer au progrès sociétal et encourager les chercheurs à diffuser leurs travaux auprès d’un public aussi large que possible. Jusqu’à présent, €179 million d’euros ont été dédiés au soutien à la science. Ils ont servi à financer 563 projets de recherche, dont presque 200 sur des sujets environnementaux. Découvrez tous les projets de recherche soutenus dans les domaines de la santé, de l’environnement, des nouvelles technologies et en socio-économie ici.