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Santé

Prédire les cas de tuberculose chez les populations à risques

Abhimanyu abhimanyu

Nationality Indian

Year of selection 2016

Institution University of Cape Town

Country South Africa

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

2 years

130000 €

Contrairement à la croyance populaire, la tuberculose (TB) n’est pas une maladie du passé. Malgré la réduction considérable de la mortalité au niveau mondial depuis les années 1990, le nombre total de cas recensés reste constant. Cette maladie pulmonaire chronique demeure la principale cause de décès par bactéries dans le monde. La raison majeure de la persistance de cette épidémie est qu’à l’heure actuelle, moins de la moitié des cas de TB dans les pays émergents sont détectés et traités. En outre, cette infection est extrêmement contagieuse, à cause de son mode de transmission par voie aérienne. On estime qu’un tiers de la population mondiale est infectée par la bactérie et présente une forme latente asymptomatique de la maladie. Seule une certaine proportion de ces personnes, généralement les patients immunodéprimés, développeront une forme active de la maladie. Pour ne plus seulement traiter la maladie et réussir à éradiquer l’épidémie mondiale de TB, nous devons impérativement réduire le nombre de cas, grâce à des diagnostics précoces et des mesures de prévention pour les phases contagieuses. Dans cette optique, le Dr Abhimanyu examine comment détecter de manière fiable une infection latente de TB et identifier les sujets les plus susceptibles de développer une forme active de la maladie. Pour mettre au point ce nouvel outil de diagnostic, notre chercheur envisage d’étudier un champ particulièrement prometteur de la médecine préventive : l’épigénétique.

Rechercher une signature biologique pour prévoir les cas de tuberculose

« La forme latente de la tuberculose n’est pas contagieuse et ne devient pas active si elle est correctement traitée », explique le Dr Abhimanyu. « Si nous pouvions identifier les patients risquant de développer une forme active de la maladie et estimer le moment où cela se produira, nous pourrions nous assurer qu’ils reçoivent bien un traitement préventif avant de tomber malades. Nous pourrions de cette manière, non seulement prévenir les nouveaux cas d’infection, mais également éviter les transmissions ultérieures, ce qui est l’unique méthode pour éradiquer la tuberculose », ajoute-t-il. Afin de faire la distinction entre les sujets porteurs d’une tuberculose latente risquant d’évoluer vers une forme active de la maladie et ceux qui ne développeront aucun symptôme, le Dr Abhimanyu étudiera les altérations épigénétiques – ou les mécanismes biologiques qui modulent l’expression du patrimoine génétique – impliquées dans le développement de la forme active de la tuberculose. La modification épigénétique de l’ADN est un phénomène fréquent et naturel, induit par différents facteurs comme l’âge, l’environnement, le mode de vie et l’état de santé. L’hypothèse de notre chercheur est que ces mécanismes biologiques doivent revêtir une signature distincte qui pourrait servir à la fois à détecter une TB latente et à déterminer le risque d’évolution de la maladie. Pour vérifier cette hypothèse, le Dr Abhimanyu a entrepris d’analyser des échantillons de sang collectés pendant une période de deux ans sur un ensemble de participants fortement exposés à la tuberculose. En étudiant et en comparant la manière dont les altérations épigénétiques évoluent, il espère identifier une signature biologique distincte qui permettra de procéder à des diagnostics précoces et fiables, et donc de commencer les traitements au plus tôt.

Tuberculose et VIH : des épidémies jumelles

Le champ de recherche du Dr Abhimanyu est l’Afrique du Sud, l’un des pays au monde les plus touchés par la tuberculose, notamment en raison de la prévalence élevée du VIH. En effet, la tuberculose latente est une forme asymptomatique de l’infection où le système immunitaire parvient à contrôler la réplication de la bactérie, sans pour autant la détruire. Si le système immunitaire est déficient, comme dans le cas du VIH, les sujets porteurs d’une forme latente de tuberculose risquent davantage de développer la maladie. « Ces deux maladies sont étroitement liées », explique le Dr Abhimanyu. « Parmi ceux ayant développé la forme active de TB en Afrique du Sud, 73 % était séropositifs. Les sujets porteurs du VIH ont entre 26 et 31 fois plus de risques de développer la tuberculose que des personnes séronégatives. » « Jamais auparavant l’impact de la co-infection TB-VIH n’avait été étudié dans le contexte des altérations épigénétiques », précise-t-il. En incluant dans son panel de recherche des participants fortement susceptibles de développer la maladie, qu’ils soient séropositifs ou séronégatifs, le Dr Abhimanyu vise à contribuer à une meilleure compréhension des mécanismes responsables de l’évolution d’une forme latente vers une forme active de la maladie.

Chaque jour, plus de 4 000 personnes décèdent de la tuberculose, dont 95 % dans des pays à faible et à moyen revenu. Engagé en première ligne dans le combat contre la tuberculose – l’Afrique du Sud présentant le taux le plus élevé de TB – le chercheur pourra étudier l’une des populations les plus exposées au monde. En mettant à jour les mécanismes biologiques responsables du développement de la maladie, son objectif est de détecter davantage de sujets à risques et de pouvoir circonscrire l’épidémie avant son éclosion. Les taux élevés de transmission étant l’un des plus grands obstacles à l’éradication de la tuberculose, le projet du Dr Abhimanyu est de faire un pas de plus vers l’élimination totale de la maladie.