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Santé

Un appareil portable pour lutter contre le cancer du col de l’utérus

Serap aksu

Nationality Turkish

Year of selection 2018

Institution Koc University

Country Turkey

Risk Santé

Ph.D

2 years

125000 €

Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus communément répandu dans le monde chez les femmes, et le deuxième dans les régions moins développées. Il est causé par certains types de papillomavirus humain (HPV), un groupe de virus sexuellement transmissible. Deux types de HPV en particulier, le 16 et le 18, sont à l’origine de 70% des cancers et des lésions précancéreuses du col de l’utérus. Hormis la vaccination, accessible aux jeunes filles âgées de 9 à 14 ans depuis 2006, le test de dépistage HPV est une autre mesure de détection efficace. Les méthodes de détection des virus actuelles sont, cependant, limitées par leur coût et leurs lourds besoins en termes d'équipement. Le Dr Serap Aksu, chercheuse à l’Université de Koç, à Istanbul (Turquie), développe un appareil portable innovant et facile à utiliser, capable de détecter les HPV de type 16 et 18. L’objectif global du projet est de proposer une méthode permettant une détection non seulement plus fiable et plus précise de ces oncovirus, mais également plus accessible et moins coûteuse.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, en 2018, plus de 85% des 311 000 femmes ayant succombé à un cancer du col de l’utérus vivaient dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires. « Réduire le nombre de décès causés par le cancer du col de l’utérus à travers le monde tout en améliorant la qualité de vie exige des innovations extrêmement pointues dans les domaines de la nanotechnologie et de la nanomédecine », explique le Dr Serap Aksu. Passant de la théorie à la pratique, elle a décidé de faire appel à son expertise d’ingénieure physicienne en photonique (science et technologie de la lumière), afin de mettre au point une méthode de détection du cancer du col de l’utérus hautement novatrice. Plus particulièrement, elle cherche à utiliser des structures métalliques nanométriques comme biocapteurs – des dispositifs analytiques utilisés pour déceler une substance chimique — en vue d’une détection ultrasensible de fragments d’ADN issus de HPV de type cancéreux. En effet ces nanostructures disposent de ce qu’on appelle une résonance plasmonique, ce qui rend possible l’exploration biologique d'environnements à l’échelle nanométrique, en utilisant uniquement la “lumière”. En termes très simples, on pourrait dire que ces nanostructures métalliques absorbent et dispersent la lumière incidente de telle sorte qu’il devient possible de détecter une quantité, même infime, de molécules biologiques présentes dans un échantillon de sang ou de cellules humaines. « Les biocapteurs plasmoniques agissent comme des antennes et permettent le transfert du signal biomoléculaire sans contact avec la zone explorée, minimisant ainsi les risques de contamination de l’échantillon », explique la chercheuse.

Biocapteurs plasmoniques : un système de dépistage hautement prometteur

«L’un des avantages de cette technique est que l’on n’a pas besoin d’étiquettes, comme c’est le cas avec la plupart des biocapteurs», explique le Dr Aksu. En d’autres termes, sa technique ne nécessite pas le placement de marqueurs tels qu’un colorant organique, par exemple, sur la molécule que l’on recherche. « L’étiquetage nécessite du matériel supplémentaire, des étapes en plus. Cette technique est plus simple et plus rapide ». De plus l’utilisation de l’appareil ne nécessite aucune sorte de formation. « Il est facile d’utilisation, portable et bon marché ». L’objectif du projet sera de démontrer la viabilité du dispositif. « Nous avons l’intention de récolter des échantillons auprès d’hôpitaux, voire sur nous-mêmes, s’il le faut ». « C’est pour cela que j’ai entrepris des études d’ingénieure ; je voulais créer quelque chose qui soit applicable. Je suis très heureuse de contribuer à aider les gens. La technologie que nous sommes en train de développer n’était pas disponible auparavant. Tout cela est très nouveau !», confie le Dr Serap Aksu avec un enthousiasme communicatif.

Et ce projet est, en effet, hautement novateur, tout particulièrement parce qu’il vise à développer le tout premier système mobile et complet de dépistage du cancer. Les perspectives générales de cette technologie sont très prometteuses. Seuls les biocapteurs plasmoniques peuvent en effet procurer des informations sur une seule molécule à l’échelle du nanomètre, en ne nécessitant généralement que des instruments optiques relativement simples et largement disponibles. Enfin, ce système de dépistage ultrasensible portable et économique pourra également être utilisé comme kit de test pour lutter contre de nombreux autres virus, comme le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du SIDA.