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Socio-Economie

Votre perception de la richesse est-elle dangereuse pour l’économie ?

Alberto cardaci

Nationality Italian

Year of selection 2017

Institution Complexity Lab in Economics (CLE), Milan

Country Italy

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

2 years

118000 €

Il y a souvent un écart entre perception et réalité. Certains d’entre nous sont optimistes, d’autres moins. Nos comportements ne collent pas toujours avec les informations dont nous disposons, et cela se voit parfois dans nos dépenses. « De récentes études en économie comportementale montrent que certains d’entre nous ont tendance à surestimer leur richesse et à vivre au-dessus de leurs moyens, et que cela peut avoir des conséquences néfastes à l’échelle d’une économie entière », rapporte le Dr Alberto Cardaci. S’appuyant sur ce constat, le chercheur en Économie veut déterminer comment une perception erronée de la richesse peut altérer les conditions économiques. En examinant les causes des crises financières – notamment la crise des « subprimes » de 2007 – sous un angle différent, son objectif est de contribuer à une meilleure compréhension des mécanismes menant à une accumulation massive des dettes privées et aux défauts de paiement qui s’ensuivent.

« L’idée de ce projet m’est venue après avoir vu le film américain Le casse du siècle. Il y a une scène dans ce film où une femme qui a un emploi relativement mal payé explique qu’elle possède quatre appartements et de nombreux autres biens », raconte le Dr Alberto Cardaci. « J’avais été frappé par l’idée qu’une personne dans cette situation puisse trouver normal de pouvoir se payer toutes ces choses ». « Mon ambition est d’étudier comment ces “biais cognitifs” affectent les perceptions individuelles de richesse et, par conséquent, les décisions d’achat et d’emprunt. En d’autres termes, je veux comprendre la cause de ce manque de discernement et comment cela peut conduire à décisions en inadéquation avec les ressources financières dont nous disposons », ajoute-t-il. « Mon objectif ultime est d’établir si de tels comportements individuels peuvent expliquer les booms de consommation et le recours systématique à l’endettement, et ainsi favoriser un effondrement financier ».

Culture financière : sommes-nous outillés pour prendre des décisions éclairées en matière d’argent ?

La première partie de cette recherche consiste en une série d’expériences en laboratoire pour tester de manière empirique si une perception erronée de la richesse peut conduire des individus à dépenser plus et à se surendetter. « Ces recherches initiales sont axées sur la compétence des participants à gérer les questions financières du quotidien. Elles devraient nous aider à déterminer si les biais cognitifs sont induits par l’incapacité de certaines personnes à interpréter correctement leur bilan financier », précise le Dr Alberto Cardaci. Les résultats de ces expérimentations nous permettront également d’identifier un ensemble de mesures inspirées de la théorie du « Nudge », visant à neutraliser l’effet de tels biais. « Un nudge est une mesure incitative simple qui permet d’influencer les comportements sans imposer d’interdits », explique le Dr Alberto Cardaci. « Ces mesures pourraient être mises en œuvre par des entreprises privées, comme les banques, et des institutions publiques. « L’idée est de fournir à la population des informations sur le niveau moyen d’emprunt au sein de leur groupe de référence, c’est-à-dire leur quartier, leurs collègues de travail, les personnes qui disposent d’un compte dans la même banque qu’eux, etc. ». La seconde partie de la recherche repose sur le développement d’un modèle informatique, visant à étudier les conséquences macroéconomiques d’une prise de décision individuelle induite par une perception erronée de la richesse, et à simuler l’ensemble des mesures de « nudge » expérimentalement. « L’inclusion de telles mesures dans un modèle informatique représente une approche novatrice dans l’étude des conséquences collectives d’un comportement individuel ».

Combinant les résultats des recherches en économie comportementale et en psychologie sociale cognitive avec des techniques modernes de macroéconométrie, le Dr Alberto Cardaci étudie les crises financières sous un angle différent des recherches existantes. Les résultats de ses travaux permettront de faire la lumière sur la manière dont la stabilité financière peut être compromise par des biais cognitifs qui affectent les perceptions individuelles de la richesse. En contribuant à une meilleure compréhension des causes des récentes crises financières aux États-Unis, notre chercheur et son équipe veulent nous éviter de reproduire les erreurs du passé.