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Environnement

Vagues de chaleur extrêmes : l’océan sur le banc des accusés ?

Aurelie duchez

Nationality French

Year of selection 2015

Institution National Oceanography Centre

Country United Kingdom

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

120000 €

Nous connaissons tous ces vagues de chaleur extrêmes qui nous font rêver de plage et de vagues fraîches. Il s’avère justement que l’océan lui-même pourrait être à l’origine de cette chaleur étouffante ! Cela s’expliquerait par le fait que la circulation à l’intérieur des plus grands volumes d’eau de la planète est intimement liée à l’état de l’atmosphère. Ainsi, les changements au sein de l’océan ou de l’atmosphère pourraient entraîner des événements climatiques extrêmes qui se traduisent en pertes humaines et économiques de grande ampleur. L’étude de l’influence possible des océans sur l’atmosphère et le climat est cependant nouvelle dans le monde de la recherche. Docteur Aurélie Duchez cherche par exemple à comprendre les liens entre les altérations de la circulation océanique et les événements météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les pluies abondantes, les hivers rudes et les vagues de chaleur. Comprendre ces liens est la première étape de son objectif final : améliorer les prédictions météorologiques et la préparation à de telles catastrophes climatiques.
L’influence des océans ne devrait pas être sous-estimée : ils renferment 1000 fois plus de chaleur que l’atmosphère, et des systèmes de circulation à grande échelle la répartissent autour du globe. Le Nord-Ouest de l’Europe deviendrait considérablement plus froid si le changement climatique ralentissait les courants océaniques qui transportent de la chaleur de l’Equateur vers les Pôles. En utilisant les données du réseau de mouillage RAPID (http://www.rapid.ac.uk/rapidmoc/), une série de capteurs qui s’étend du Maroc à la Floride dans l’Océan Atlantique Nord, Aurélie Duchez et son équipe ont révélé qu’un ralentissement de 30% de la circulation de l’Atlantique Nord aurait précédé les hivers extrêmement froids de 2009-2010 et 2010-2011 en Europe. Ils ont également démontré à travers la première étude de ce type, le rôle des températures anormalement froides en Atlantique Nord comme précurseur de la vague de chaleur en Europe Centrale lors de l’été 2015. Une zone similaire d’eaux exceptionnellement froides pourrait aussi être associée aux canicules d’Europe Centrale depuis les années 1980. La chercheuse explique ainsi que cela pourrait indiquer que « l’Océan Atlantique joue un rôle moteur, jusqu’ici sous-estimé, dans ces événements dévastateurs. » L’objectif de ces travaux à venir est de chercher à comprendre comment ce phénomène océanique spécifique pourrait mener à des vagues de chaleur si intenses.
Comprendre les mécanismes qui lient certaines conditions océaniques à des événements climatiques extrêmes, qui devraient être de plus en plus fréquents et intenses en raison du changement climatique, permettrait de révéler si ces derniers peuvent être prédits. Les résultats de recherche telles que ceux d’Aurélie Duchez pourraient permettre une meilleure prévision des événements météorologiques sévères et offrir aux gouvernements, services de santé, assureurs et citoyens, suffisamment de temps pour s’y préparer.

Titre scientifique : Dynamiques des événements météorologiques extrêmes en Europe : une inter-comparaison de modèles climatiques

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