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Santé

Soins obstétriques d’urgence en Afrique subsaharienne : vers un accès rapide et de qualité pour toutes

Aduragbemi banke-thomas

Nationality Nigerian

Year of selection 2018

Institution London School of Economics and Political Science

Country United Kingdom

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

2 years

125000 €

Date de démarrage du projet: 09/01/2019

Au moins 4 femmes sur 10 développent des complications imprévues pendant la grossesse, l’accouchement, et/ou après la naissance. Tous les ans, plus de 300 000 femmes perdent encore la vie pour cause d’hémorragie, d’hypertension, de dystocie, d’infection ou encore de complications suite à un avortement non médicalisé. En raison du manque ou de l’insuffisance d’accès à une assistance médicale, presque tous ces décès (99%) interviennent dans des pays à faibles et moyens revenus. « Il est établi depuis longtemps que les décès maternels sont associés à trois types de délais : celui de se décider à faire appel à des soins médicaux, celui du temps de trajet jusqu’à un centre de santé adapté, et celui de l’administration des soins appropriés lors de l’arrivée au centre », rapporte le Docteur Aduragbemi Banke-Thomas, lauréat AXA au centre de recherche LSE Health à Londres (Royaume-Uni). Dans le but de réduire la mortalité maternelle, le chercheur s’intéresse au deuxième type de ces délais, celui qui correspond aux temps de trajet jusqu’à un centre médical adapté, spécifiquement en ce concerne les soins obstétricaux d’urgence (SOU) à Lagos, un État du Nigéria. Son objectif est d’estimer la couverture géographique effective de ces centres et d’identifier les zones où les femmes ne peuvent atteindre ces centres dans la limite optimale des deux heures recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le projet vise à fournir aux décisionnaires des données cruciales qui leur permettront d’améliorer de manière stratégique l’accès rapide à des soins obstétricaux d’urgence de qualité.

« La norme en vigueur pour évaluer l’accès géographique aux SOU se contente de modéliser en ligne droite les distances entre les centres et les lieux où résident les femmes. Elle ne tient pas compte des trajets parfois tortueux, conséquences des obstacles géographiques et urbains, déplore le Dr. Banke-Thomas. Ce qu’il y a entre le domicile des femmes et le centre n’est pas pris en considération ». « Il pourrait y avoir le mont Everest entre les deux qu’ils ne le sauraient pas ! Les lignes droites ne reflètent pas la réalité des temps de trajet. De nombreux facteurs entrent en jeu, comme les modes de transport, les embouteillages, l’heure de la journée, etc.». Par conséquent, le chercheur a pour objectif d’examiner le temps de trajet réel des femmes depuis leur lieu de résidence jusqu’aux centres SOU, en prenant en compte tous les facteurs en présence. Par ailleurs, il concentrera ses recherches sur l’ensemble des centres SOU opérationnels, et capables d’assurer des services de transfusion sanguine et de césarienne 24 heures sur 24.

Comment donner aux parties prenantes les clés pour assurer une distribution géographique stratégique des soins obstétriques d’urgence

Pour mener à bien leur projet, le Dr Banke-Thomas et son équipe vont effectuer un sondage parmi les femmes qui ont eu recours à des soins d’urgence dans un des centres de SOU de Lagos. Via des questionnaires, et des données géographiques, ils pourront cartographier les chemins qu’elles ont empruntés vers les centres. L’équipe examinera également les facteurs qui ont influencé leur choix de centre, afin de savoir si elles ont décidé de se rendre au plus proche ou non, et pourquoi. Ils chercheront également à géo-référencer les centres de SOU publics et privés offrant un service continu. Les données réunies au cours de ces étapes préliminaires serviront l’objectif principal, à savoir l’estimation de la couverture géographique réelle des centres de SOU à Lagos. Les résultats fourniront des indications cruciales en vue de développer une plateforme digitale interactive de prévention capable d’identifier les lacunes dans la prestation de services des SOU, et renseigneront l’offre de soins. Les découvertes, ainsi que les recommandations qui en découleront, seront diffusées auprès des pouvoirs publics et autres acteurs, à Lagos et ailleurs. « Il est primordial d’agir sur le plan politique. Le ministère de la santé a d’ores et déjà exprimé un vif intérêt pour notre travail».

En adoptant une approche transdisciplinaire, utilisant des connaissances et des compétences issues de divers domaines, dont l’obstétrique, la santé publique, les systèmes d’information géographique et autres sciences sociales, le projet du Dr Banke-Thomas examinera de façon exhaustive le problème de l’accès aux SOU à Lagos. Les résultats de cette recherche ont le potentiel de laisser une empreinte durable sur le fonctionnement des fournisseurs de SOU et les décideurs politiques. Le nombre élevé de décès maternels à Lagos étant représentatif des régions à faibles et moyens revenus, ces méthodologies seront facilement exploitables dans d’autres régions du Nigéria et dans d’autres pays subsahariens.