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Santé

Un vaccin ADN pour les allergies aux fruits de mer

Christine yee yan wai

Nationality Hong Kong

Year of selection 2017

Institution Faculty of Medicine, The Chinese University of Hong Kong

Country Hong Kong

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

2 years

130000 €

1 à 3 % des adultes et 4 à 6 % des enfants souffrent d’allergies alimentaires dans le monde, et cette prévalence est en augmentation. Les réactions allergiques peuvent varier de bénignes à graves, la forme la plus aiguë, l’anaphylaxie, pouvant entraîner la mort. Les fruits de mer font partie des déclencheurs les plus courants de réaction anaphylactique. Malgré cela, et contrairement à d’autres allergènes alimentaires courants tels que les arachides, les noix ou les œufs, il n’existe aucune stratégie efficace de traitement. En cas d’allergie grave, la seule solution pour parer à un éventuel choc anaphylactique est d’éviter toute exposition à l’allergène et, en cas d’accident, de procéder à des auto-injections d’épinéphrine. Afin de remédier à cette insuffisance, le Dr Christine Yee Yan Wai s’est fixé comme objectif de développer une approche clinique pour diminuer la sensibilité aux fruits de mer. Plus précisément son projet ambitionne d’appliquer à ce type d’allergie une nouvelle stratégie thérapeutique prometteuse, l’immunisation génétique.

L’immunothérapie allergène, ou désensibilisation, est une forme de vaccination contre les maladies allergiques. Les allergies alimentaires surviennent lorsque le système immunitaire réagit de façon excessive à la présence d’une protéine en particulier présente dans un aliment. La désensibilisation consiste à administrer aux patients des doses de plus en plus importantes de la substance à laquelle ils sont allergiques, afin d’obtenir une meilleure tolérance. Les vaccins génétiques se basent sur le même mécanisme. Cependant, au lieu d’administrer l’allergène lui-même, ce type d’immunothérapie implique l’introduction dans le corps du patient d’un plasmide – un petit fragment d’ADN –, encodant une forme moins dangereuse de l’allergène. « Cette nouvelle méthode présente des avantages non-négligeables par rapport à l’immunothérapie traditionnelle. Elle réduit notamment le risque de choc anaphylactique au cours du traitement et ne requiert que deux ou trois injections, alors que les méthodes utilisant des molécules protéiques de l’allergène nécessitaient un traitement prolongé », explique le Dr Christine Yee Yan Wai. Consciente du potentiel de cette méthode novatrice pour traiter les allergies aux fruits de mer, la chercheuse a décidé de consacrer sa thèse au développement d’un vaccin ADN efficace et à des essais sur des modèles animaux présentant des allergies induites. « Suite à la découverte de la protéine responsable de la plupart des allergies aux fruits de mer, la tropomyosine, nous avons mis au point le MEM49, une substance présentant une allergénicité nettement réduite. L’administration à des souris d’un vaccin ADN codant l’hypoallergène MEM49 a considérablement amélioré leurs réactions allergiques à la tropomyosine », rapporte-t-elle.

Développer un vaccin homologué par la FDA

« L’objectif de ce projet est d’appliquer cette méthode aux humains », ajoute le Dr Christine Yee Yan Wai. « Notre but est d’élaborer un nouveau vaccin ADN et de l’adapter aux normes de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. » Pour y parvenir, le Dr Christine Yee Yan Wai et son équipe commenceront par développer trois nouvelles formulations du vaccin applicables cliniquement. Ils observeront ensuite in vitro la manière dont ces vaccins fonctionnent avec les cellules humaines. « Nous allons examiner de plus près les mécanismes, observer en détail les cellules et l’expression génétique », précise-t-elle. L’un des aspects les plus importants de ce projet est effectivement son ambition d’acquérir une meilleure compréhension de la manière dont les vaccins ADN peuvent affecter le système immunitaire. Enfin, une fois la « meilleure » formulation du vaccin ADN identifiée, celle-ci sera testée sur des modèles de souris afin d’évaluer sa biodistribution, sa toxicité, sa sécurité et son efficacité en fonction de la dose.

Les formes graves d’allergies aux fruits de mer sont fréquentes, durables et parfois mortelles. Elles ont un impact significatif sur le fonctionnement physique et social des patients, ainsi que leur santé mentale. En Asie, où il s’agit de l’allergène alimentaire le plus important, sa prévalence inquiète de plus en plus, notamment chez les enfants scolarisés. Développer une stratégie de traitement efficace est essentiel si nous voulons améliorer la qualité de vie des patients. Par ailleurs, en raison de la lourde charge que représentent les allergies alimentaires pour les dépenses de santé, le monde du travail, l’industrie agro-alimentaire et les organismes de réglementation des aliments, leur impact sur l’économie est également considérable et grandissant. Le projet du Dr Christine Yee Yan Wai permettra non seulement de développer un traitement sûr et efficace, mais ouvrira également la voie à la conception de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients allergiques, en général.

Vers un vaccin pour soigner les allergies aux fruits de mer?

Découvrez un article sur le projet de Christine

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