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Environnement

Quel sera l’impact du changement climatique sur la pollinisation ?

Coline jaworski

Nationality French

Year of selection 2017

Institution Aix Marseille University – IMBE

Country France

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

130000 €

La pollinisation par les animaux est essentielle à la reproduction de 90 % des plantes à fleurs et d’un tiers de la production agricole. Le déclin global des populations de pollinisateurs est donc un phénomène extrêmement alarmant, surtout compte-tenu de la croissance de la population humaine. Plusieurs facteurs contribuent à cette inquiétante tendance, au premier rang desquels le changement climatique. Pour répondre au besoin urgent de solutions innovantes, le Dr Coline Jaworski est à l’origine d’un projet visant à utiliser les odeurs florales comme un outil efficace pour étudier l’impact du changement climatique sur les réseaux de pollinisation. « Les émissions d’odeurs florales sont connues pour être hautement affectées par le stress hydrique et la température, ce qui en fait un indicateur efficace des effets du changement climatique », explique la chercheuse de l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (IMBE). Ses recherches s’effectueront dans les environs de Marseille, sur la côte méditerranéenne française, « une région qui devrait connaître une intensification des épisodes de sécheresse extrême et une fréquence accrue des incendies de forêt d’ici à 2050 », précise-t-elle. En essayant de mettre en évidence certains des mécanismes sous-jacents qui déstabilisent la pollinisation par les animaux, l’objectif ultime du projet est d’émettre des recommandations en matière de préservation de l’écosystème. 

 De nombreuses fleurs produisent une odeur. Cette odeur est un mélange de composés moléculaires libéré par la fleur dans l’atmosphère. La structure, la couleur et l’odeur de la fleur sont des signaux essentiels pour attirer les pollinisateurs. « Nous savons d’ores et déjà que le changement climatique affectera les émissions volatiles des plantes. Pour préserver et rétablir la biodiversité ainsi que le fonctionnement des écosystèmes, nous devons savoir exactement comment tout cela se produit », souligne le Dr Coline Jaworski. « C’est précisément l’objet du projet, comprendre les mécanismes par lesquels le changement climatique affecte toutes les plantes et les espèces de pollinisateurs au sein d’une communauté, et leurs interactions », poursuit-elle. « De cette manière, nous pouvons développer de nouveaux outils pour la résilience de ces réseaux de pollinisation ».

 Utilisation des émissions florales pour rétablir et protéger la pollinisation

 Le choix de la région de Marseille comme zone d’étude n’a pas été fait par hasard. Le Bassin méditerranéen comprend plus de 50 % des espèces d’abeilles européennes. Aux alentours de Marseille, les plantes sont adaptées à des climats extrêmement arides; et certaines des espèces végétales les plus abondantes, comme le romarin et le thym, ont des odeurs particulièrement fortes. De plus, la région jouit de conditions climatiques variées, avec différents gradients d’aridité  et un grand nombre d’incendies de forêt. « Le travail sur le terrain consistera à recueillir des données à la fois sur les plantes et les pollinisateurs qui occupent les communautés naturelles de plantes. Nous enregistrerons les visites des pollinisateurs aux plantes, contrôlerons leurs identités, prélèverons quelques spécimens et capturerons les odeurs florales qui seront ensuite analysées en laboratoire », précise le Dr Coline Jaworski. Le premier des deux objectifs du projet sera ainsi atteint : la caractérisation à la fois de l’impact des conditions climatiques sur la structure des réseaux de pollinisation et des émissions d’odeurs florales des espèces végétales intégrés dans ces réseaux. Une fois achevées, ces étapes permettront d’ouvrir la voie aux deux autres objectifs : établir le lien entre ces changements dans les réseaux de pollinisation et les changements dans les émissions florales, et déterminer comment rétablir et protéger ces interactions de pollinisation à l’aide des émissions florales.

 Les recherches récentes montrent que, lorsque les températures et l’aridité augmentent, l’odeur des fleurs change. En cherchant à mieux connaître ce phénomène alarmant, le Dr Coline Jaworski s’attaque à l’un des plus grands enjeux de demain. « Comprendre comment les plantes et les pollinisateurs interagissent et forment des réseaux de pollinisation est un enjeu historique et fascinant de l’écologie, et qui exige de progresser rapidement à cause de la gravité des impacts liés à l’activité humaine ». Les résultats de sa recherche conduiront non seulement à des recommandations tangibles pour préserver et rétablir les réseaux de pollinisation méditerranéens, mais ils proposeront également un nouveau cadre d’action pour la préservation des communautés de pollinisateurs du monde entier.