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Socio-Economie

Migrations et droits de l'Homme à l'aune du changement climatique

Cosmin corendea

Nationality Romanian

Year of selection 2015

Institution United Nations University Germany

Country Germany

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

2 years

120000 €

L'accord des Nations Unies signé par 195 pays lors de la Conférence sur le Changement Climatique en 2015 est sans précédent. D'une part, explique le docteur Cosmin Corendea, il contient plus de mentions aux droits humains que n'importe quel autre traité international sur l'environnement jusqu'ici. Cet universitaire en droit a longtemps travaillé pour faire prendre conscience du lien entre changement climatique et droits humains. En effet, après un événement climatique extrême comme d'importantes inondations, le premier phénomène que l'on observe est la violation des droits fondamentaux, indique-t-il, comme le droit à de l'eau salubre, à l'éducation, au travail ou au logement. Il faut ensuite peu de temps aux personnes touchées pour prendre une décision : s'adapter à la situation ou migrer ? Dans ses travaux de recherche, le docteur Corendea explore cette relation entre déclencheurs environnementaux, violations des droits humains et décisions de migrer afin de développer une approche juridique axée sur les populations vulnérables touchées par le changement climatique.

Le pourcentage de victimes d'événements climatiques choisissant de migrer a dépassé les 30 % et devrait continuer d'augmenter, ce qui implique à la fois des avantages et des risques pour les pays impliqués. Un cadre légal est nécessaire pour gérer ces risques et le docteur Corendea cherche à savoir comment le droit international peut à la fois défendre les droits humains et les populations les plus exposées aux menaces climatiques. Ses travaux se concentreront en particulier sur les îles du Pacifique, plus précisément sur les Fidji et le Vanuatu, deux pays de cette région touchés par le changement climatique. Considérée comme un « mode de vie », la migration dans le Pacifique comporte ses propres spécificités en matière juridique et ne fait l'objet d'aucune politique nationale ou régionale visant sa régulation. Les populations migrent fréquemment d'une île à l'autre en quête de nouvelles opportunités, mais les études montrent qu'aucune donnée permettant aux pays de mieux comprendre les besoins des populations n’est recueillie. Les travaux du docteur Corendea pourraient ainsi mener à des recommandations politiques sur la question, prenant également en compte l'impact des droits internationaux et traditionnels dans le Pacifique.

De nombreuses dispositions du droit coutumier du Pacifique sont transmises oralement et, n'ayant pas de forme écrite, elles sont ouvertes à l'interprétation pour différents acteurs locaux. « Les normes légales de certaines îles du Pacifique sont orales (droit coutumier) et les mettre par écrit irait à l’encontre de leurs cultures. Pour des personnes vivant en-dehors du Pacifique, notamment des avocats, cela peut sembler étrange, mais pour ces populations, il s'agit d'une façon traditionnelle de comprendre et appliquer la loi que nous nous devons de respecter. » C'est pourquoi une approche ascendante serait par exemple préférable et recommandée plutôt que des politiques imposées au niveau institutionnel. Le docteur Corendea entend donc appliquer cette méthode pour obtenir des résultats transparents et basés sur les droits humains lors de ses recherches sur le droit pacifique. Afin d'étudier la mobilité humaine d'un point de vue juridique, il va mener des études de terrain dans les îles Fidji et Vanuatu. Différents outils méthodologiques comme des entretiens, des groupes cibles et des questionnaires vont lui permettre d'établir des recommandations venues de la société-même. Ses résultats pourraient établir le besoin qu'ont les populations du Pacifique d'établir leur propre interprétation des lois sur la migration et révéler des façons de les intégrer dans les politiques régionales ou nationales.

« Afin de rendre ces solutions durables, celles-ci doivent être appuyées par un cadre légal, explique le docteur Corendea. Nous sommes en 2016, et la loi est un organisme vivant qui nécessite une interprétation progressive afin de pouvoir évoluer avec les besoins des populations et s’adapter aux schémas de mobilité d’aujourd’hui. » Son approche juridique est centrée sur l’humain et place les individus et leurs droits fondamentaux au cœur de la réponse au changement climatique. « L’objectif final est de créer des politiques de migration régionales respectant les droits humains dans le Pacifique et dans lesquelles la migration est un processus positif. » Pour le docteur Corendea, le droit en général a le pouvoir de répondre à différents risques liés au changement climatique, et l’Accord de Paris sur le climat est en cela un bon point de départ.

Titre scientifique : Approches juridiques hybrides dans des scénarios de changement climatique

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