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Socio-Economie

Analyse géospatiale des conséquences environnementales de la consommation du Royaume-Uni : analyse du triangle commercial Royaume-Uni, Chine, Afrique

Dabo guan

Nationality Chinese

Year of selection 2009

Institution University of Leeds

Country United Kingdom

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

2.5 years

90000 €

Un modèle triangulaire pour les échanges d’émissions de carbone

Quand Dabo Guan entame ses recherches sur les émissions de CO2 associées aux échanges internationaux, il prend vite conscience d’une « vérité dérangeante ». Il y a 200 ans, la traite négrière suivait un modèle triangulaire : les consommateurs britanniques vendaient des esclaves arrachés à l’Afrique pour cultiver le sol américain, en vue d’obtenir en retour des matières premières transformées et consommées en Europe. Dabo Guan déclare qu’aujourd'hui, le même modèle d’échange subsiste, mais que les facteurs de production sont passés de l’exploitation d’une main d’œuvre gratuite à l’exploitation de ressources naturelles gratuites, à l’origine d’une part considérable des émissions de CO2 anthropique.
Dabo Guan étudie l’un de ces modèles, entre le Royaume-Uni, la Chine et l’Afrique. Ce n’est pas un hasard si la Chine est à la fois le premier pays émetteur de CO2 atmosphérique et le principal pôle manufacturier du monde, faisant le lien entre les fournisseurs de matières premières africains et les immenses besoins des consommateurs de la zone OCDE. Si beaucoup de pays développés cherchent déjà à réduire leur empreinte carbone, certains pays en développement sont plus réticents à prendre de nouvelles mesures, car leur production, qui répond aux besoins des pays développés, constitue le moteur de leur économie.
D’après Dabo Guan, les efforts nationaux ne résolvent pas toute l’équation. Pour un pays comme le Royaume-Uni, il ne suffit pas de réduire la quantité de CO2 émis ; l’État devrait de surcroît promouvoir une consommation responsable auprès de la population et l’encourager à choisir des produits à empreinte carbone moindre.
Actuellement expert international des questions de gouvernance et d’économie dans le domaine environnemental, Dabo Guan met à profit ses connaissances pour affronter ces problématiques. Directeur d’études au St Edmund’s College de l’Université de Cambridge et maître de conférence à l’Université de Leeds, il participe également à des projets collaboratifs internationaux, et dirige la rédaction du 5e Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

De la Chine à Cambridge

Dabo GUAN, Bénéficiaire d'une bourse post-doctorale AXA
Université de Cambridge, Royaume-Uni

Dabo Guan quitte sa Chine natale pour étudier la gestion de l’environnement au Royaume-Uni. Dix ans plus tard, ses travaux sur le développement durable dans l’économie la plus dynamique de la planète ont suscité l’intérêt du monde entier.
Dabo Guan vient tout juste d’avoir 30 ans, mais son CV affiche déjà une longue liste de projets de recherche, publications et autres activités académiques. Ce chercheur de l’Université de Cambridge s’est rapidement imposé comme un expert reconnu des questions environnementales. Tout a cependant commencé par sa passion pour décortiquer les jeux vidéo.
Dabo Guan voit le jour dans le Nord de la Chine et grandit à Harbin, la capitale de la province de Heilongjiang. Il se souvient : « Quand j’étais au collège, les ordinateurs faisaient office de nouveaux jouets pour les adolescents. Cela me fascinait. » L’accro du clavier se lance bientôt dans une licence en informatique. Lors du premier semestre de l’année 2000, à seulement 20 ans, il suit également un programme professionnel en 5 étapes pour obtenir la certification d’ingénieur système Microsoft. « Je voulais en faire mon métier », explique-t-il.
Mais après avoir étudié le développement logiciel pendant un an, Dabo Guan réalise qu’il souhaite appliquer ses compétences informatiques à d’autres domaines. Il saisit donc l’occasion de participer à un programme d’échange avec l’Université de Leeds au Royaume-Uni. Tenu de choisir une nouvelle matière principale, il se tourne vers la gestion de l’environnement, un domaine de recherche émergent.
Le jeune homme gagne l’Europe en 2000 et décide de rester pour décrocher une licence. C’est un choix judicieux, puisque ce talentueux pongiste finit par soutenir un doctorat en économie écologique, en 2007. Sa thèse (« Lifestyle Changes, Structural Transitions and Natural Resources: New Approaches of Input-output Analysis to the Fastest Changing Economy – China ») est dirigée par Klaus Kupachek, un expert des questions environnementales dans les pays en développement qui a repéré le potentiel académique de Dabo Guan pendant ses cours. La même année, le Chinois arrive deuxième du concours pour le prix Leontief, décerné par l’International Input-Output Association, une association scientifique à but non-lucratif vouée au progrès des connaissances dans le domaine économique, et créée par le lauréat du prix Nobel Wassily Leontief. « J’ai eu de la chance d’avoir un excellent professeur pour me guider dans la bonne direction. Notre domaine de travail était nouveau alors, et peu de gens s’y consacraient, si bien que même le mémoire que j’ai préparé avant ma licence a soulevé beaucoup d’intérêt. Nous avons réussi à publier abondamment. »
Ce n’est pas étonnant. La Chine est aujourd'hui le principal centre mondial de l’industrie manufacturière, faisant le lien entre les fournisseurs de matières premières d’Afrique et d’Amérique du Sud et les consommateurs finaux dans les pays de l’OCDE. Elle est aussi devenue le plus grand émetteur de gaz à effet de serre de la planète, du fait de productions à forte intensité carbonique et de sa dépendance vis-à-vis des centrales électriques au charbon. Le pays est donc confronté à de gigantesques défis environnementaux. « Même si la Chine adopte les meilleures technologies disponibles, ses émissions de CO2 continueront de croître jusqu’en 2030, ce qui s’explique en grande partie par le nombre croissant de ménages qui adoptent un mode de vie occidentalisé », affirme le chercheur.
Dabo Guan s’est penché sur les principaux moteurs de ces dégradations en Chine, un sujet qui n’a pas eu de mal à enflammer le débat. « Ces toutes dernières années, nous avons publié une série d’articles sur l’attribution des responsabilités relatives aux émissions des produits chinois destinés à l’exportation. Les consommateurs des pays développés ne devraient-ils pas également en assumer une part ? La Chine s’est alignée sur nos conclusions concernant cette question politique lors des récents sommets des Nations unies sur le climat à Copenhague puis à Cancun".
À l’issue de sa thèse, Dabo Guan est engagé comme post-doctorant chargé de recherche à l’Université de Cambridge pour travailler sur un projet sur deux ans de collaboration multinationale entre l’Europe, la Chine et l’Inde. Impatient d’endosser de nouvelles responsabilités, le jeune scientifique coordonne ensuite plusieurs projets de recherche ambitieux, quand il n’y participe pas en tant que chercheur principal. Parmi ces travaux, il dirige une étude pilote, distinguée par un financement AXA en 2009, visant à évaluer l’impact environnemental de la consommation des pays de l’OCDE en Chine et en Afrique, à travers un modèle d’échange multirégional.
Dabo Guan se concentre à présent sur les adaptations au changement climatique dans les villes. Il n’en demeure pas moins activement engagé dans la recherche chinoise. « Je voyage fréquemment pour rencontrer des personnalités officielles ou des chercheurs en Chine. Nous avons quelques projets en cours. » Aujourd’hui, il espère obtenir un poste permanent à l’Université de Cambridge. D’ici là, Dabo Guan peut savourer un autre succès : il sera l’un des principaux auteurs du chapitre intitulé « Développement régional et coopération » dans le 5e rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

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