Bannière Cookies

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.

Santé

A la recherche du nouveau rôle de l'identité dans les comportements de santé

Fabrice etilé

Nationality French

Year of selection 2015

Institution Paris School of Economics

Country France

Risk Santé

AXA Awards

3 years

250000 €

La notion d'identité, c'est-à-dire l'ensemble des caractéristiques qui font de nous qui nous sommes, pourrait avoir un impact plus important sur notre alimentation, notre santé et nos comportements économiques que quiconque ne l'a reconnu jusqu'ici. L'identité individuelle est un paramètre que les économistes n'ont commencé à examiner sérieusement que très récemment, mais même ainsi, ils avaient tendance à la considérer comme constante au cours de la vie. Le professeur Fabrice Etilé n'est pas de cet avis ; dans son travail de recherche à la frontière entre l'économie et la psychologie, il explore comment les différentes dimensions de l'identité influencent nos comportements liés à la santé. L'identité sociale, caractérisée par nos interactions sociales, notre travail ou encore la communauté au sein de laquelle nous évoluons, pourrait en effet être impliquée dans la transition nutritionnelle que l'on observe dans les pays émergents. Les traits individuels de l'identité personnelle, par exemple les souvenirs d'enfance ou les objectifs personnels, pourraient quant à eux nous aider à identifier les comportements à risque pour la santé. En mettant en lumière ces liens, le chercheur pourrait également identifier des façons d'encourager de meilleurs comportements pour la santé.

Les pays en développement comme la Chine et l'Indonésie connaissent actuellement une transformation de leurs habitudes alimentaires que l'on décrit comme une occidentalisation de l'alimentation. L'augmentation de leur consommation de sucres et de matières grasses est liée au développement des cas de diabète et d'obésité. Si ces sociétés adoptent une alimentation qui se rapproche de plus en plus de celle des pays occidentaux, dans le sens où elle privilégient les supermarchés et l'alimentation rapide par rapport aux options traditionnelles, nous pourrions alors assister à un changement de leurs cultures, ce qui indiquerait que les interactions sociales et identités individuelles seraient en jeu. Le professeur Etilé se demande cependant s'il s'agit là des uniques facteurs de ce changement. La Chine pourrait par exemple importer davantage de technologies de transformation de produits alimentaires occidentales pour produire différemment des plats chinois traditionnels.

Déceler cette différence serait essentiel pour identifier les meilleures cibles pour des campagnes d'information sanitaires. Devraient-elles viser des changements de comportements individuels, en incitant à éviter de consommer une alimentation occidentale, ou la cible serait-elle l'industrie alimentaire et ses modes de production ? Le professeur Etilé cherche à répondre à cette question en analysant des données issues d'enquêtes sur l'alimentation, la santé et le budget domestique en Chine et en Indonésie et en suivant dans la durée la consommation des individus grâce aux données des scanners des magasins. De nombreux facteurs peuvent bien-sûr expliquer les changements d'habitudes alimentaires, par exemple les prix ou l'impact de l'environnement sur la sécurité alimentaire. Afin d'isoler le rôle possible d'un changement de culture alimentaire, le chercheur fera également appel à des données sur d'autres phénomènes, comme les migrations internes, qui réunissent des individus issus de différents milieux culturels au sein d'un même environnement économique et alimentaire.

Dans l'hypothèse où les facteurs culturels et l'identité sociale interagissent et modifient les habitudes alimentaires, pourrions-nous activement changer certaines dimensions de notre identité personnelle pour favoriser de meilleures habitudes pour la santé ? Contrairement au traitement réservé à cette question par les économistes jusqu'ici, le professeur Etilé pense que notre identité personnelle évolue dans le temps. Cela pourrait expliquer pourquoi nous prenons certaines décisions pouvant aller à l'encontre de notre santé des années plus tard, comme lorsque l'on commence à fumer étant jeune ou que l'on refuse à 60 ans une assurance dépendance qui pourrait nous être utile à 80 ans. Le second objectif du projet de recherche du professeur Etilé est d'aider à expliquer les comportements à risques tels que ceux-ci et chercher comment ils pourraient être anticipés. En menant des expériences économiques et psychométriques en laboratoire avec des sujets en France, il souhaite développer un moyen de mesurer les connections entre nos identités actuelles et à venir, aidant ainsi à ouvrir la « boîte noire de l'identité ». Le défi double de cette recherche sera, dit-il, de mesurer l'identité d'une part et de parvenir à faire envisager un changement de celle-ci d'autre part.

Les deux angles de la recherche du professeur Etilé pourraient permettre le développement de meilleures stratégies de prévention de comportements à risques pour la santé. Cela serait rendu possible, dans le premier cas, en comprenant les interactions entre technologie, cultures alimentaires, identité sociale et santé ; et d'autre part en cartographiant les connections entre les identités personnelles présentes et futures. Le professeur précise : « Cela pourrait permettre l'élaboration d'interventions politiques faisant réfléchir les populations à qui elles souhaitent être dans plusieurs années. »

Titre scientifique : Identité et comportements en matière de santé

Pour ajouter ou modifier une information de cette page, vous pouvez nous contacter à l'adresse suivante : community.research@axa.com