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Santé

Prévenir et traiter l’addiction par une meilleure compréhension de la manière dont le cerveau traite l’incertitude

Fanny cazettes

Nationality French

Year of selection 2016

Institution Champalimaud Foundation

Country Portugal

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

2 years

130000 €

Que vous essayez de décider où commander votre déjeuner ou quand liquider vos actions, votre cerveau doit peser le pour et le contre, et prendre une décision avec une connaissance limitée de l’issue possible. L’incertitude est inhérente au processus de prise de décision en raison de la nature imprévisible du monde qui nous entoure. Dès lors, nous devons souvent évaluer des arbitrages entre des solutions sûres et d’autres plus risquées dont les retombées peuvent sembler inespérées. Face à ce type de décisions, certains sont plus enclins à tenter leur chance que d’autres. Et pour quelques personnes, cette propension est exacerbée au point où elles ne savent plus gérer l’incertitude et présentent des états pathologiques tels que l’impulsivité, une dépendance au jeu ou une addiction aux drogues. Qu’est-ce qui peut nous pousser à adopter ou non un comportement risqué ? Que ce trame-t-il dans le cerveau de ceux qui tendent à préférer les solutions risquées, quelles qu’en soient les conséquences ? Pour répondre à cette question, le Dr Fanny Cazettes étudie la manière dont le cerveau traite l’incertitude au moment de prendre une décision. Elle entend mettre en évidence les mécanismes neuronaux qui entrent en action, avec une attention particulière au rôle de la sérotonine, un neurotransmetteur essentiel. L’objectif de ses recherches est de mieux comprendre l’adaptation comportementale dans des situations d’incertitude et de découvrir de nouvelles stratégies pour la prévention des comportements à risques.

Pour illustrer le rôle de l’incertitude dans les prises de décisions, le Dr Fanny Cazettes évoque l’exemple suivant : « Imaginez que vous veniez de déménager dans une nouvelle ville et que vous soyez à la recherche d’une maison. Vous pouvez choisir la première que vous visitez ou attendre d’en savoir un peu plus sur le marché immobilier local, les prix, les autres maisons à vendre, etc. Ainsi, après avoir visité quelques biens, vous pourrez prendre une décision plus éclairée et plus judicieuse. Toutefois, plus vous attendez et plus votre note d’hôtel augmente. » « Il existe de nombreux exemples, qui vont des décisions les plus insignifiantes aux plus cruciales, où le cerveau doit mesurer le niveau de risque pour chacun des choix possibles et décider de la meilleure option », souligne le Dr Fanny Cazettes. « Je veux comprendre comment l’activité cérébrale guide ce genre de décision, comment les différents circuits neuronaux interagissent pour formuler une décision et, au final, agir », explique-t-elle. « Un de nos principaux objectifs est de déterminer pourquoi certaines personnes sont plus ou moins attirées par les situations risquées. Cela pourrait aboutir à des approches thérapeutiques innovantes afin d’aider tous ceux qui sont incapables d’évaluer les risques associées à leur comportement. »

Explorer comment les décisions sont formulées et modulées face à l’incertitude

Le projet du Dr Fanny Cazettes se concentrera spécifiquement sur deux aires du cerveau : le cortex préfrontal et le cortex prémoteur, des aires essentielles pour des prises de décisions complexes, car elles orchestrent nos pensées et nos actions. Afin d’apporter des éclaircissements sur la représentation, au niveau du cerveau, de l’incertitude et du cheminement vers la prise de décision, le Dr Fanny Cazettes se basera sur des technologies de pointe pour visualiser et surveiller directement l’activité neuronale des souris lorsqu’elles effectuent des tâches qui reproduisent le dilemme de la prise de décision. « Nous partons de l’hypothèse qu’il existe différentes signatures neuronales de l’incertitude dans le cortex préfrontal siège de la prédiction des résultats et dans le cortex moteur qui pilote le choix de l’action », ajoute-t-elle. « Nous étudierons ensuite comment la sérotonine, un neuromodulateur impliqué dans un certain nombre de comportements à risques, affecte les représentations de l’incertitude dans les aires du cortex frontal. » Fanny Cazettes et ses collègues surveilleront en particulier la libération de la sérotonine dans le cerveau afin d’étudier son rôle dans la régulation des représentations de l’incertitude.
Les comportements addictifs, comme certains autres troubles psychiatriques, ne sont plus considérés comme des désordres exclusivement liés au psychisme. La recherche scientifique a démontré que ces pathologies sont également dues à des dysfonctionnements cognitifs, qui amènent une personne à s’obstiner à agir de manière risquée. Pour prévenir et traiter l’addiction, il est indispensable de comprendre précisément comment les mécanismes cérébraux affectent et sont affectés par ces pathologies. À cet égard, les recherches du Dr Fanny Cazettes contribueront largement à trouver des stratégies thérapeutiques pour les comportements addictifs et risqués, impliquant notamment l’usage de la sérotonine, un neuromodulateur utilisé dans les antidépresseurs.