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Environnement

Diminuer les risques du changement climatique sur les systèmes agroalimentaires en prenant en compte les besoins et les rôles des femmes

Federica ravera

Nationality Italian

Year of selection 2016

Institution Universitat Central de Catalunya

Country Spain

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

130000 €

Certaines régions sont davantage touchées que d’autres par les menaces que fait peser le changement climatique sur la sécurité des hommes, des moyens de subsistance, des ressources communes et de l’accès à la nourriture. En Europe, et plus spécifiquement autour de la Méditerranée, les systèmes agroalimentaires des espaces ruraux marginaux sont particulièrement exposés à ces risques en raison du vieillissement de la population et de sa fragilité socio-économique. Pour affronter de tels défis, les zones rurales doivent développer des stratégies d’adaptation pour diminuer, substantiellement et durablement, leur vulnérabilité. Conscients du fait qu’il ne peut y avoir d’adaptation profonde sans une connaissance exhaustive du contexte social, culturel et environnemental local, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) insiste sur le besoin de porter une attention plus soutenue aux processus locaux d’innovation sociale et d’adaptation transformationnelle, par le biais d’expériences, de connaissances, d’institutions et de pratiques locales. En écho à cet appel à l’action, et reconnaissant la nécessité de tenir compte de l’ensemble des perspectives et potentialités, le Dr Federica Ravera étudie le rôle et l’expérience des femmes par rapport aux risques auxquels sont exposés les systèmes agroalimentaires dans le cadre du changement climatique. Son objectif est d’examiner les facteurs-clés de succès des différentes solutions d’adaptation. Son projet de recherche, axé sur deux régions rurales méditerranéennes, vise à fournir des orientations prometteuses en matière d’adaptation au changement climatique en prenant en compte les besoins et opinions spécifiques de chacun.

« Les stratégies pour faire face au changement climatique ne conviennent pas toujours à tous. Le changement ne produit pas que des gagnants, et certains se retrouveront exclus de l’équation », observe le Dr Federica Ravera. « Le but de ce projet est d’inciter les décideurs à prendre en compte les particularités de chacun et à s’appuyer sur les connaissances de tous pour contribuer au développement de solutions pérennes favorisant le changement. » Au sein du système agroalimentaire, tous les acteurs ne sont pas égaux face aux risques liés au changement climatique. L’âge, le sexe, la catégorie socio-économique, entre autres facteurs identitaires et structurels, se recoupent, entraînant des inégalités en termes de pouvoir et des différences en termes de perceptions, connaissances et pratiques sur les questions liées à l’agriculture, l’élevage et la gestion alimentaire. Ces facteurs peuvent également influer sur la manière d’organiser les actions collectives. « À ce jour, le rôle que les femmes et les groupes marginaux jouent ou peuvent jouer dans la transmission des connaissances et dans les dispositifs institutionnels a été largement négligé dans les politiques et recherches portant sur le changement climatique », remarque le Dr Federica Ravera. « Mes recherches visent, par conséquent, à évaluer la nature sexospécifique et les facteurs croisés des principaux risques liés au changement climatique, avec l’objectif final de mesurer les facteurs susceptibles de favoriser ou d’entraver le succès des stratégies d’adaptation dans les espaces ruraux marginaux autour de la Méditerranée. »

Une contribution féministe à la philosophie des sciences, pour atténuer les conséquences du changement climatique

Parallèlement à son étude sur la place et le rôle des femmes et afin de s’assurer que ses recherches traduisent pleinement le contexte local, le Dr Federica Ravera procédera à une enquête sur les manières dont les innovations institutionnelles et liés aux mécanismes d’inclusion sociale influent sur la capacité d’adaptation des systèmes agroalimentaires examinés. Ce projet s’intéressera également aux moyens à mettre en œuvre pour encourager l’émergence et la diffusion de pratiques innovantes et efficaces au sein d’une société, d’une culture et d’un système de gestion agricole traditionnel. L’intention première est de venir compléter les connaissances établies par le GIEC et de poser les fondations permettant une meilleure capacité d’adaptation. « Si nous souhaitons pouvoir nous adapter efficacement au changement climatique, nous devons élargir le spectre actuel des acteurs impliqués et prendre en compte les populations marginalisées, parmi lesquelles on trouve divers groupes de femmes dont l’invisibilité peut également s’entrecroiser avec de multiples facteurs identitaires et structurels qui définissent les dynamiques de pouvoir. C’est en incluant et en laissant s’exprimer ces acteurs essentiels des systèmes agroalimentaires que nous réussirons à faire émerger de nouvelles possibilités d’acquisition de connaissances et d’innovation en matière de changement climatique », résume le Dr Federica Ravera.

De par l’adoption d’une philosophie des sciences féministe et son application aux questions d’adaptation au changement climatique des systèmes agroalimentaires, le projet du Dr Federica Ravera contribuera de manière significative à l’acquisition d’une vision plus large et plus précise des risques réels auxquels certaines régions plus exposées que d’autres doivent faire face. Cette meilleure compréhension de la situation et de l’implication de chacun ouvrira de nouvelles perspectives sur la manière de s’adapter, substantiellement et durablement, aux futurs défis climatiques.