Bannière Cookies

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.

Socio-Economie

Chocs ponctuels, effets durables : vers des politiques mieux adaptées après une crise financière

Federico bassi

Nationality Italian

Year of selection 2017

Institution Université Paris 13 - Paris Nord, France

Country France

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

2 years

119025 €

 

La crise financière qui a éclaté entre 2007 et 2008 a laissé des traces durables dans la plupart des pays de l’OCDE. Le fait que de tels chocs transitoires puissent affecter durablement le PIB d’un pays remet en cause la manière dont les stratégies de relance sont abordées. Les politiques économiques sont basées sur des modèles qui tendent à ignorer le concept de coûts irrécupérables. Plus concrètement, les banques centrales et les institutions financières se basent actuellement sur des calculs qui ne tiennent pas compte du risque de dommages graves et persistants sur les capacités de production d’une économie, communément désignées sous le terme de « production potentielle ». « Une mauvaise interprétation de ce phénomène économique peut induire en erreur les décideurs politiques et les amener à prendre, par exemple, des mesures d’austérité, alors qu’ils feraient mieux de ne pas le faire », explique le Dr Federico Bassi pour insister sur l’importance d’une approche alternative. Son projet post-doctoral vise par conséquent à concevoir une nouvelle méthode pour mesurer la production potentielle d’une économie, qui tiendrait compte de ces pertes éventuelles et non négligeables. Il prévoit, dans un second temps, de créer un modèle théorique qui lui permettra de tester l’impact des diverses politiques de réglementation des marchés monétaires, fiscaux et financiers sur la stabilité économique, lorsque les pertes de la production potentielle sont expressément prises en compte.

« Le risque d’une stagnation séculaire en Europe, caractérisée par de faibles taux de croissance, un chômage important, des inégalités grandissantes et des pertes de capacité de production permanentes, confronte l’économie à deux grands enjeux », confie le Dr Federico Bassi. « Premièrement, une analyse précise des causes et conséquences de cette grande récession et de sa nature systémique ; deuxièmement, la conception de politiques fiscales, monétaires et structurelles adéquates et satisfaisantes, notamment en ce qui concerne les réglementations des banques et des institutions financières. » Ce projet entend relever ces défis en réévaluant l’architecture des modèles actuellement utilisés par les décideurs politiques, en portant un intérêt particulier à la méthode de calcul de la production potentielle, concept essentiel des politiques économiques. Pour souligner l’importance d’obtenir une mesure exacte, le chercheur explique : « L’écart de production est la différence de niveau entre la production effective et la production potentielle. Pouvoir mesurer avec exactitude la production potentielle est fondamental, car il s’agit de l’un des indicateurs les plus significatifs utilisés par les décideurs politiques : un écart de production négatif déclenche des politiques monétaires restrictives en vue de ralentir l’économie et d’éviter les pressions inflationnistes ; un écart de production positif déclenche des politiques monétaires expansionnistes en vue d’accélérer l’économie et d’éviter les pressions déflationnistes ».

 

Éviter toute mauvaise interprétation des phénomènes économiques

« Je pense que la meilleure façon de réduire le risque d’erreur d’interprétation des phénomènes économiques est de ne pas se fonder sur un seul et unique modèle, aussi bon soit-il, mais plutôt de s’appuyer sur toute une variété de modèles, élaborés à partir d’hypothèses différentes, afin de comparer les divers résultats obtenus et pouvoir sélectionner le modèle le plus proche du contexte historique actuel », poursuit Federico Bassi. Il cite l’exemple de l’Italie qui, depuis la crise financière, a perdu 20 % de sa capacité de production et où un grand nombre d’entreprises ont dû fermer. « Comment concevoir des politiques de relance efficaces si nous nous appuyons sur l’hypothèse d’une réouverture de ces entreprises ? Nous travaillons sur une méthode d’une plus grande flexibilité et qui ne repose pas sur de telles hypothèses. » Une fois cela établi, il passera, avec son équipe, à la conception d’un nouveau modèle macroéconomique qui leur permettra de tester et de simuler diverses politiques.

Les modèles théoriques sont des outils essentiels pour évaluer les phénomènes complexes et essayer d’atténuer les répercussions négatives. À condition de refléter fidèlement la réalité… Ce projet s’articule autour de cette préoccupation majeure. Reconnaissant que « la survenance d’effets persistants après des chocs transitoires semble être la norme plutôt que l’exception », le projet de Federico Bassi envisage, par conséquent, d’adapter les méthodes actuelles à ces phénomènes récemment observés, en élargissant le spectre de la manière dont nous abordons actuellement la question de la reprise économique. À une époque où les économistes cherchent à mieux comprendre les incidences des différentes politiques de stabilisation et les effets des institutions sur le cycle économique, ses recherches s’annoncent prometteuses et leurs conclusions sont attendues avec impatience.