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Environnement

Impact du changement climatique et transformation mondiale des habitudes migratoires, vers de nouveaux cadres normatifs

François gemenne

Nationality Belgian

Year of selection 2008

Institution IDDRI

Country France

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

120000 €

Abandonneriez-vous votre maison à cause d'un risque naturel?

Même si l’homme a toujours migré pour des raisons environnementales au cours de son histoire, le changement climatique donne un éclairage nouveau sur ce phénomène : non seulement à cause de son ampleur sans précédent, mais aussi de sa dimension anthropique controversée, qui soulève la question de la responsabilité environnementale. Cependant, si les fondements scientifiques du changement climatique sont aujourd'hui bien établis, on a accordé moins d’attention aux conséquences humaines de cette évolution, en particulier à la manière dont elle transformera les habitudes migratoires. Dans bien des cas, la migration motivée par le changement climatique est perçue comme une « incapacité à s’adapter » plutôt que comme une stratégie de réduction des risques pour les populations concernées. En travaillant pour la Banque asiatique de développement et au Refugee Studies Centre de l’Université d’Oxford, François Gemenne a démontré que les orientations actuelles en matière d’environnement et de migration étaient incapables de répondre de façon adéquate aux flux migratoires induits par le changement climatique, et donc de protéger les populations migrantes. François Gemenne a d’abord examiné comment les habitudes migratoires réagissaient à une catastrophe, mais aussi les situations où le changement s’opère lentement, comme la désertification ou l’élévation du niveau de la mer. Il a ainsi montré que les politiques publiques et les vulnérabilités sociales jouaient un rôle prépondérant dans les comportements migratoires, réfutant l’approche déterministe de la migration environnementale. Prenant appui sur ce constat, le chercheur recommande que les mesures relatives à la migration environnementale fassent partie d’un projet de développement au lieu d’être traitées dans une optique sécuritaire ou humanitaire. Ces volontés devraient notamment porter sur la transférabilité des droits sociaux aux migrants, une meilleure coopération régionale et une plus grande attention accordée aux populations qui sont restées, souvent les plus vulnérables. Avec des interventions appropriées, la migration peut devenir une stratégie d’adaptation efficace dans les situations de stress environnemental. Aujourd’hui, François Gemenne prévoit d’évaluer la faisabilité politique de ces cadres normatifs, et de les intégrer à l’examen des risques et aux stratégies d’adaptation. Le cours « Environnement et migration » qu’il a créé à Sciences Po Paris est le tout premier du genre. M. Gemenne est également l’auteur de deux livres, qui font office de références pour de nombreux acteurs politiques et économiques.
Mon périmètre de recherche englobe les conséquences du changement climatique sur les migrations internationales ainsi que l’arsenal réglementaire qui peut les encadrer. J’observe les pistes envisageables pour concevoir de nouveaux instruments et mesures aptes à gérer ces flux migratoires. En outre, je cherche à évaluer les cadres normatifs et à les intégrer aux stratégies d’évaluation des risques et d’adaptation.

Biographie
François Gemenne effectue sa thèse de doctorat à la fois au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris et au Centre d’Études de l’Éthnicité et des Migrations (CEDEM) de l’université de Liège (Belgique). Grâce à une bourse post-doctorale accordée par le Fonds AXA pour la Recherche, il est aujourd’hui chargé de recherche à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Il enseigne également la politique internationale en matière de changement climatique et la gouvernance des migrations à Sciences Po Paris. Ses travaux portent sur les réponses politiques qui visent à gérer, voire protéger, les populations déplacées du fait de changements environnementaux. Le scientifique effectue des études de terrain à La Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina, dans l’archipel de Tuvalu menacé par la montée du niveau de la mer, ainsi qu’en Chine et en Asie centrale. Depuis 2007, il supervise les réseaux de recherche sur l’Asie-Pacifique et l’Asie centrale du projet européen EACH-FOR (Environmental Changes and Forced Migration Scenarios). Ce projet doit décrire les connexions empiriques entre migration et changements environnementaux dans une perspective comparative. M. Gemenne s’illustre également comme conseiller scientifique de l’exposition « Terre natale, Ailleurs commence ici » de Raymond Depardon et Paul Virilio, montrée à Paris à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Titulaire d’un master complémentaire en développement, environnement et sociétés de l’université de Louvain, il détient aussi un master de recherche en sciences politiques de la London School of Economics, où il a par ailleurs enseigné. Parmi ses publications récentes figurent « Development, Environment and Migration » (avec R. Stojanov, J. Novosak, J. Opiniano et T. Siwek, 2008), « Panorama des principaux axes de recherche sur le changement climatique » (Critique Internationale 40 : 141-152), et « History, Nationalism and the (Re)construction of Nations » (édité avec Susana Carvalho, 2009). François Gemenne prépare actuellement un ouvrage sur la politique internationale en matière de changement climatique.

Recherches

Mes recherches traitent de l’incidence du changement climatique sur les migrations internationales et sur les cadres réglementaires qui y répondent. Dernièrement, les migrations environnementales ont largement attiré l’attention des chercheurs et des décideurs, en particulier lorsqu’elles ont trait au changement climatique. Dans le monde scientifique, c’est avant tout l’analyse du rapport entre environnement et migrations qui s’est trouvée sous les projecteurs, tandis que les réponses politiques, les mécanismes de coopération et les dispositions institutionnelles ont été moins étudiés, surtout dans une perspective comparative et transdisciplinaire. Les travaux entamés pendant mon doctorat portaient sur l’étude des réactions politiques aux flux migratoires liés aux catastrophes naturelles et au changement climatique. J’ai tenté de montrer que les politiques environnementales et migratoires avaient suivi deux voies différentes, à des rythmes inégaux, mais qu’aucune d’entre elles n’avait su répondre correctement aux flux provoqués par les perturbations environnementales, notamment par rapport au changement climatique. Les recherches que je mène aujourd'hui s’inscrivent dans la continuité de mon doctorat, et examinent les pistes éventuelles pour concevoir de nouveaux instruments et mesures aptes à gérer ces flux de migrants. J’entends notamment étudier la faisabilité politique de l’élaboration d’un tel cadre normatif, et intégrer ces dispositifs à l’évaluation du risque et aux stratégies d’adaptation.

Financement AXA

Ma thèse est principalement descriptive, et visait à identifier les lacunes stratégiques vis-à-vis des migrations environnementales. Ce projet post-doctoral soutenu par AXA en est le prolongement direct, et cherche les solutions susceptibles de combler ces lacunes, à la fois aux niveaux international et régional. Il a donc une orientation prospective, et examine les cadres réglementaires envisageables ainsi que la façon de les mettre en œuvre. Ces recherches mettent donc bien plus l’accent sur les mesures à prendre que mon doctorat, en vue de constituer un outil utilisable concrètement pour la protection des personnes arrachées à leur terre par le changement climatique. Le financement d’AXA m’a de surcroît permis de rejoindre l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), un des premiers centres de recherche français sur les questions d’environnement. C’est pour moi l’occasion d’enrichir mes connaissances des migrations avec des études environnementales, une approche absolument essentielle pour mon projet situé au carrefour entre migration et environnement.

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