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Environnement

Vers une résilience urbaine plus juste et plus équitable

Gina ziervogel

Nationality South African

Year of selection 2016

Institution University of Cape Town

Country South Africa

Risk Environnement

AXA Awards

3 years

250000 €

Ce que d’aucuns appellent le progrès peut être vécu par d’autres comme un recul. Au cœur d’une ville coexistent plusieurs acteurs, qui envisagent l’idée de résilience de manière totalement différente. Le projet du Dr Gina Ziervogel vise à identifier et à comprendre les différents points de vue en matière de résilience urbaine dans la ville sud-africaine du Cap, depuis celui des universitaires jusqu’à celui des résidents. Donner la parole à chacun, notamment à ceux qui sont rarement entendus, permettra de saisir toute la complexité de ce qu’implique la résilience urbaine. L’objectif ultime de la chercheuse est d’informer les décisions actuelles et futures sur la façon dont la résilience urbaine pourrait être mieux abordée.

 « Chacun a une vision différente de la trajectoire qui mène à la résilience », souligne le Dr Gina Ziervogel. « Généralement, les acteurs de la résilience au niveau de la ville ont des perceptions très différentes de celles des résidents, par exemple. Notre but est de comprendre où ces perceptions sont commensurables et où elles ne le sont pas. Deux perceptions sont commensurables lorsque leurs trajectoires se soutiennent mutuellement et ne le sont pas lorsque leurs trajectoires sont incompatibles », explique-t-elle. « Ceux qui soutiennent la justice sociale dans la ville et ceux qui soutiennent la croissance économique ont souvent, par exemple, des points de vue opposés et irréconciliables sur le logement social. » « En travaillant avec des résidents, notamment dans les quartiers les plus pauvres du Cap, ainsi qu’avec des responsables municipaux et des professionnels, l’objectif du projet est de mieux comprendre ce qui différencie ces visions, et de mettre en avant les occasions éventuelles de renforcer conjointement la résilience urbaine. « Souvent, les voix et les points de vues des communautés marginales ne sont pas privilégiés, ce qui conduit au mécontentement et à la frustration », avance le Dr Gina Ziervogel. « Faire apparaître les inégalités peut aider à modifier la façon dont les acteurs envisagent le problème et comment des solutions potentielles peuvent être différemment définies et mises en œuvre ».

 Commensurabilité et incommensurabilité : saisir la complexité de la résilience urbaine

 « Le Cap offre un contexte particulièrement intéressant pour étudier la diversité des trajectoires en matière de résilience urbaine », explique le Dr Gina Ziervogel. « L’Afrique du Sud est un pays qui dispose de nombreuses ressources, mais qui souffre d’inégalités criantes. Les habitants du Cap, l’une des trois capitales du pays, ont des expériences et des trajectoires très différentes. » Le projet se déclinera sur trois axes : résilience et justice, gestion de l'eau et gouvernance à différentes échelles. La première phase du projet s’attachera à comprendre les réalités locales, ce que la résilience signifie pour les différents acteurs et où se trouve l’incommensurabilité. La seconde sera une phase plus appliquée et engagée, qui consistera à soutenir les initiatives émergentes et l’identification des politiques de gouvernance urbaines qui ont stimulé ou affaibli la résilience.

 « Avoir desenvies et des besoins communsest une bonne chose, mais nous devons aussi accepter qu’il existe des compromis. Tout le monde ne peut pas obtenir ce qu’il veut, mais il n’y a aucune raison pour que ce soient toujours les mêmes qui voient leurs désirs exaucés », poursuit le Dr Gina Ziervogel, ajoutant que « tout le monde n’a pas le même poids en matière de gouvernance urbaine ». L’objectif de notre chercheuse est de reconnaître ceux qui n’ont pas voix au chapitre. « Nous n’avons pasbesoin d’être tous sur la même longueur d’onde, mais nous devons trouver des solutions qui tiennent compte de la complexité du problème et reconnaissent quels groupes ont été prioritaires dans le passé. » Et c’est exactement l’objectif du projet : combler une lacune, à la fois dans le domaine académique et pratique, « dans le but de trouver un meilleur alignement si possible et d’identifier les conflits problématiques plus explicitement ».

What Cape Town’s drought can teach other cities about climate adaptation

The Conversation article (English only)

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