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Environnement

Risques et contradictions du développement durable urbain en Afrique

Henrik ernstson

Nationality Swedish

Year of selection 2016

Institution The University of Manchester

Country United Kingdom

Risk Environnement

AXA Awards

3 years

250000 €

Les villes africaines se développent d’une manière inédite et complexe, mais elles restent toutefois intimement connectées à d’autres régions du monde. Des études historiques et sociales approfondies sont nécessaires pour comprendre les infrastructures urbaines contemporaines des pays de l’hémisphère Sud. L’objectif du programme de recherche du Dr. Henrik Ernstson est de mettre en évidence les réalités complexes à l’origine de l’hétérogénéité des infrastructures dans des villes comme Luanda, Kampala et Nairobi. Son équipe étudiera de quelle manière ces réalités urbaines affectent les risques via les infrastructures de la ville. Le but final est de fournir aux gouvernements, à la société civile et aux donateurs externes des informations qui contribueront à de meilleures stratégies de développement durable, adaptées aux villes des pays de l’hémisphère Sud.

« Le cœur du projet, est une étude de cas approfondie sur la relation de Luanda avec le Brésil et la Chine dans le cadre de la vente de pétrole, cela dans le but de s’assurer des investissements dans le secteur des infrastructures », explique le Dr. Ernstson. « Les études de cas qui font le lien entre les dynamiques locales et globales dans les villes africaines, notamment dans le cadre de relations entre pays de l’hémisphère Sud, font cruellement défaut. » Le Dr Ricardo Cardoso, l’un des deux postdocs du projet, poursuit : « Le pétrole est au cœur de tout un réseau d’échanges qui façonne Luanda, y compris en ce qui concerne les normes de construction et les standardisations. En outre, l’afflux soudain de capitaux après la longue guerre civile en Angola a par exemple causé l’expulsion de la classe ouvrière de certains quartiers pour laisser la place à de nouveaux projets de construction au nom du progrès et du développement. »

Ce grand projet sur les liens récents avec la Chine se fonde à l’origine sur les recherches doctorales du Dr Cardoso portant sur la « pétro-urbanisation » entre l’Angola et le Brésil. Au début des années 2000, la Chine a repris le rôle tenu par le Brésil depuis les années 1980 : « Lorsque la Chine est devenue une puissance mondiale », précise le Dr Jia-Ching Chen, qui conduira des travaux sur le terrain, « elle s’est assurée un approvisionnement en pétrole et en énergie dans des pays lointains, et s’est aussi lancée dans la création d’un marché international pour sa nouvelle expertise technique et en ingénierie. » S’il existe de nombreuses études sur la manière dont les anciennes puissances coloniales européennes ont façonné les villes africaines, il en existe peu sur les nouveaux rapports Sud-Sud. Ce projet veut combler cette lacune. 

Étude des tendances venant « d’en haut », mais aussi « d’en bas »

Bien que la construction d’une ville grâce au commerce du pétrole se raconte à grande échelle, c’est également une histoire qui prend racine dans un contexte très localisé : « Certes, nous étudions l’économie politique « d’en haut » en matière de planification et de construction des infrastructures, mais notre analyse est également axée sur la façon dont les infrastructures se négocient « d’en bas », via les affaires courantes », précise le Dr Wangui Kimari, un autre postdoc travaillant sur le projet.

Pour rester à la pointe de la recherche dans ce domaine, l’équipe va créer un « laboratoire théorique » avec un atelier international. Ce dernier se concentrera sur le statut de « cibles » des villes africaines pour les projets impérialistes et sur la façon dont les héritages coloniaux et post-coloniaux ont façonné l’environnement bâti. Le Dr Ernstson développera également un « laboratoire de rue » avec des artistes de Luanda, en s’inspirant de ses travaux antérieurs sur l’art et la recherche. Cela permettra à des artistes résidents de faire transparaître dans leurs travaux les interprétations et les contradictions de la rue. Deux réalisations sont prévues : un magazine imprimé et un film. L’objectif à long terme est d’utiliser la bourse de recherche AXA comme base d’un programme de recherche sur 10 ans à l’Université de Manchester, une étude comparative de l’environnementalisme urbain portant plus précisément sur les pays de l’hémisphère Sud.