Bannière Cookies

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.

Nouvelles technologies

Robots humanoïdes : à quel point doivent-ils nous ressembler ?

Bryson joanna

Nationality American

Year of selection 2017

Institution University of Bath, Department of Computer Science

Country United Kingdom

Risk Nouvelles technologies

AXA Awards

undefined year

250000 €

Comment l’apparence d’un robot affecte-t-elle notre perception et notre compréhension de ce qu’il est réellement ? En 2010, le Royaume-Uni a publié cinq règles éthiques de la robotique – premier document de niveau national sur l’éthique de l’IA – afin d’informer de leurs responsabilités ceux qui conçoivent, vendent et utilisent des robots. L’un de ces « Principes de la robotique » stipule que « Les robots sont des objets manufacturés. Ils ne doivent pas être conçus d’une manière trompeuse pour exploiter les utilisateurs vulnérables : leur nature de machine doit, au contraire, être transparente. » Représentante du groupe qui a rédigé cet ensemble de règles, le Dr Joanna Bryson du Département informatique de l’Université de Bath, met à l’épreuve cette règle éthique spécifique avec une série d’expériences impliquant des robots humanoïdes. En étudiant le comportement des humains vis-à-vis des robots humanoïdes et en cherchant à savoir si leur donner une apparence humaine affecte négativement la relation des individus envers l’intelligence artificielle, le projet vise à proposer des solutions pour rendre explicite la nature du robot, sans compromettre pour autant les usages thérapeutiques potentiels.

 « Les gens ont tendance à être effrayés par l’IA et, en même temps, à en attendre trop. Ils s’attendent notamment à davantage d’humanité », explique le Dr Joanna Bryson. « Ils ont à l’esprit ce que montrent les films, mais c’est de la science-fiction. En réalité, l’IA est très différente – il s’agit d’un outil, d’un type de programmation. » « Pour que les gens ne se sentent pas menacés, il est important pour eux de comprendre que l’IA est une machine », poursuit notre chercheuse. « Par exemple, elle peut enregistrer ce que vous dites et distribuer des données. Si nous commencions à voir les robots comme des humains, cela pourrait devenir dangereux. Ils pourraient faire l’objet d’une exploitation économique, que nous voulions les protéger ou que nous nous sentions mal à l’aise à l’idée de les désactiver. » Toutefois, beaucoup de gens avancent que, pour des raisons thérapeutiques, les robots humanoïdes doivent pourvoir être perçus comme des compagnons. « Un bon compromis serait d’avoir des moyens explicites de savoir qu’il s’agit d’un robot, mais en même temps, de sentir implicitement qu’il y a quelqu’un dans la pièce. Il en est ainsi avec la télévision par exemple, alors pourquoi pas avec des robots ? Il en va de même avec les films. Vous savez que c’est de la fiction, mais vous ressentez quand même des émotions. »

 Expériences avec des robots humanoïdes Pepper

 Le Dr Joanna Bryson et son équipe ont réalisé dans le passé des expériences avec des robots non-humanoïdes. La bourse de recherche AXA sur l’Intelligence artificielle responsable leur permet de réaliser cette fois des essais avec des robots humanoïdes, et de comparer les résultats avec leurs résultats précédents. Le groupe du Dr Bryson utilisera les robots humanoïdes Pepper dans toutes sortes de scénarios. Leur première expérience consistera à tester si le fait de voir les objectifs du robot en temps réel – via des écrans, par exemple – aide à comprendre comment fonctionne l’IA. « Une fenêtre dans le cerveau du robot », comme le souligne le Dr Joanna Bryson. « Exposer les utilisateurs aux priorités et au raisonnement du robot à travers une interface graphique pourrait être une solution, même pour des robots extrêmement humanoïdes. » Les autres expériences seront des expériences de psychologie ordinaire pour voir comment les individus se comportent avec un robot dans la pièce.

 Les robots sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important à l’avenir – chez soi, au travail, dans les institutions, etc. Bien que certains estiment que l’humanité bénéficiera grandement de l’essor des robots, d’autres appellent à la prudence. Les relations humain/robot peuvent s’avérer délicates, notamment lorsqu’il s’agit de robots d’apparence de plus en plus humaine. En étudiant comment l’apparence d’un robot affecte les interactions homme/machine et en testant les moyens de rendre explicite leur nature de machine, les expériences du Dr Bryson contribueront grandement à notre compréhension de ce à quoi doivent ressembler les robots humanoïdes pour garantir leur utilisation sans risque dans le futur. Outre leur visée éducative en matière de robots, son équipe et elle-même veulent également peser sur les décisions politiques. Leur objectif est notamment de contribuer à répondre à certaines préoccupations de l’Union européenne à propos de l’éthique des robots.