Bannière Cookies

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.

Environnement

Les mystères du mercure dans l'océan Arctique

Lars-Eric heimburger

Nationality German

Year of selection 2015

Institution Université d'Aix Marseille - AMU

Country France

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

undefined year

25000 €

Vivre au sommet de la chaîne alimentaire a ses avantages, mais présente également un certain nombre d'inconvénients. Les polluants ingérés par des petits animaux se retrouvent concentrés dans l'organisme de leurs prédateurs, et ainsi de suite en remontant la chaîne. Le mercure, en particulier sa forme la plus toxique, le méthylmercure, se concentre ainsi dans certains poissons que nous consommons. L'exposition à ce polluant met en danger le système nerveux et le développement fœtal. Nous ignorons cependant aujourd’hui d'où vient le mercure que nous trouvons dans l'océan et comment celui-ci s'est transformé dans sa forme la plus dangereuse, le méthylmercure. Pour répondre à ces questions, le docteur Lars-Eric Heimbürger concentre ses recherches en océan Arctique central. Il s'agit du premier chercheur à s'intéresser spécifiquement aux différentes espèces de mercure présentes dans l'eau par rapport à celles présentes dans l’atmosphère. Ses résultats actuels pourraient aider à prédire les effets du changement climatique sur le cycle du mercure dans les océans.
Les émissions dues aux activités humaines, telles que la combustion de charbon, sont responsables d'une partie du mercure que l'on retrouve dans les eaux du Grand Nord. Cependant, de récentes recherches ont montré que les sources atmosphériques de mercure ne suffisaient pas à expliquer l'ensemble du phénomène. Le docteur Heimbürger cherche aujourd'hui à savoir combien de mercure les fleuves sibériens rejettent dans l'océan Arctique, en particulier en période de crues printanières. L'étape suivante de sa recherche consistera à comprendre où et comment se produit sa désastreuse transformation en méthylmercure. L'une des hypothèses indique que des bactéries abyssales connues pour provoquer de tels changements chimiques ingéreraient du mercure avec la neige marine dont elles se nourrissent. Le travail du docteur Heimsbürger pour comprendre ce mécanisme dans les eaux arctiques constituera une pièce de plus dans le puzzle complexe du mercure de l'Arctique et pourrait contribuer à le résoudre.
Le chercheur compte pousser plus loin son travail en identifiant les dynamiques du cycle du mercure à l'occasion de plusieurs voyages sur l'océan Arctique sur le brise-glace Polarstern (1), en effectuant des observations de terrain en période de crues printanières en Sibérie et en réalisant des expériences de laboratoire dédiées. Il pourra grâce à ce travail mesurer comment les niveaux de méthylmercure évoluent jour après jour à travers l'Arctique et jusqu'à plusieurs kilomètres de profondeur. Cela lui permettra également de cartographier la présence du polluant et ainsi de fournir des informations précieuses à l'industrie de la pêche, en l'aidant à identifier les zones les plus saines pour attraper des poissons. Les résultats de sa recherche pourraient également aider à prédire comment un climat plus chaud, la fonte des banquises et le développement des algues impacteraient la production bactérienne de méthylmercure. Comprendre ces différents éléments est la seule façon de contrer le risque conséquent que présente la pollution au méthylmercure pour notre santé et notre approvisionnement en nourriture. Les résultats du docteur Heimbürger laissent espérer que le poisson reste comestible sans danger, réduisant ainsi l'impact humain et économique de cette pollution.

(1) Navire de recherche de l'Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine

Titre scientifique : Combler les lacunes des connaissances actuelles pour comprendre et anticiper les risques liés à l'exposition au méthylmercure

Pour ajouter ou modifier une information de cette page, vous pouvez nous contacter à l'adresse suivante : community.research@axa.com