Socio-Economie

Mécanismes de partage du risque dans l’Inde rurale

Laura munro

Nationality British

Year of selection 2012

Institution London School of Economics and Political Science

Country United Kingdom

Risk Socio-Economie

Ph.D

3 years

120000 €

Partager les risques, c’est prendre moins de risques ? Micro-assurance et pression du groupe

Les risques sont un élément central de la vie des ruraux en situation de pauvreté. Comme beaucoup d’entre eux travaillent dans le secteur agricole, cette vulnérabilité peut prendre la forme de récoltes irrégulières à cause d’insectes nuisibles ou de variations météorologiques sévères. En plus des systèmes informels d'entre-aide (dons ou prêts des membres de la communauté), les petits agriculteurs font aussi parfois appel à la micro-assurance qui leur permet de conserver leur niveau de consommation en cas de problèmes. Les assurances basées sur des indices météorologiques ont particulièrement gagné en popularité ces dernières années pour protéger les agriculteurs des risques de sécheresse et d’inondation. Ces assurances sont habituellement vendues à des individus, mais il est possible que nous assistions bientôt au développement de produits collectifs pour des regroupements d’agriculteurs, afin d’augmenter les taux de couverture des pays en voie de développement.
La chercheuse Laura Munro a mené une expérience dans la partie rurale du Gujarat, en Inde, afin d’observer comment la vente de produits d’assurance à des groupes plutôt qu’à des individus affectait le type d’investissement agricole des petits agriculteurs une fois assurés. Elle a découvert que dans les situations où les décisions d’investissement étaient connues de tous, le fait de vendre des assurances à des collectifs leur faisait prendre moins de risques pour leur activité agricole. Cela peut devenir un problème dans certains contextes, car la prise de risques est parfois nécessaire pour obtenir une meilleure productivité moyenne. Parmi les raisons qui expliquent ces 8 % de baisse de la prise de risque par rapport à une situation d’assurance individuelle, Laura Munro a identifié la pression du groupe. En effet, lorsque la distribution du montant compensatoire est à la discrétion du groupe, des arrangements auparavant informels sur les risques partagés deviennent formels. Le groupe peut choisir de donner une portion plus importante de ce montant aux membres qui ont subi le plus de pertes. Cela peut cependant créer une pression de la part du groupe, qui incite les individus à prendre moins de risques, par peur que ceux qui prennent le plus de risques ne nécessitent ensuite une part plus importante du montant compensatoire. Si l’ensemble de la productivité pâtit de la baisse de la prise de risque, ce phénomène pourrait constituer un frein à de futurs développements.
Dans un contexte de changement climatique, les conditions météorologiques extrêmes présentent une menace croissante et de telles assurances deviennent de plus en plus une nécessité. La recherche de Laura Munro montre que la sélection du groupe couvert, l’attention portée à la façon dont sont échangées les informations sur les investissements et la régulation de la distribution des montants compensatoires doivent tous être pris en compte lors de l’élaboration de produits d’assurance. Les résultats de cette recherche pourraient avoir un impact très positif sur le développement de populations parmi les plus vulnérables du monde d’aujourd’hui.


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