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Santé

Une nouvelle stratégie pour soigner l’ostéoporose des femmes

Laura Alejandra velazquez villegas

Nationality Mexican

Year of selection 2018

Institution Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne

Country Switzerland

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

2 years

125000 €

Voir la vidéo du projet:

Selon des statistiques récentes de la Fondation internationale contre l’ostéoporose, dans le monde, 1 femme sur 3 âgée de plus de 50 ans sera victime de fractures ostéoporotiques au cours de sa vie. Outre la douleur que cause un os brisé, l’ostéoporose peut également avoir des conséquences physiques et psychologiques dévastatrices sur le long terme. Un tassement des vertèbres – causé par une ou plusieurs fractures – mène, par exemple, à une aggravation des courbures de la colonne vertébrale et à une diminution de la taille, tandis qu’une fracture de la hanche peut compromettre l’autonomie. La crainte d'une fracture peut également faire perdre confiance aux patientes, et les pousser à l’isolement. Surnommée la “maladie silencieuse” en raison de l’absence de symptômes jusqu’à ce qu’un os se brise, l’ostéoporose est due à un déséquilibre dans le processus naturel de formation et de résorption osseuses. La ménopause, à travers la déficience en œstrogènes qu’elle engendre, joue un rôle crucial dans cette maladie. Cependant, comme le souligne le Docteur Laura Alejandra Velázquez Villegas, « les traitements à base d’œstrogènes, bien qu’efficaces, présentent de multiples effets secondaires néfastes, tels que l'augmentation du risque de cancer du sein ». Il est donc urgent de trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques innovantes, et plus sûres. Avec le soutien d’AXA, le Dr Velázquez Villegas, chercheuse postdoctorale à la Faculté des Sciences de la Vie de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, en Suisse, explore une alternative prometteuse permettant le rééquilibrage des pertes osseuses dues aux hormones. Plus spécifiquement, elle examine le rôle que jouent les acides biliaires (AB), des molécules stéroïdes produites par le foie, dans l’équilibre dynamique entre les cellules responsables du renouvellement des os.

Les acides biliaires sont le produit final du métabolisme du cholestérol. Ils sont synthétisés dans le foie et sécrétés par voie biliaire dans l’intestin, où ils facilitent l’absorption des lipides. « Ils sont également présents dans la circulation systémique – à travers laquelle ils peuvent atteindre tous les tissus du corps, y compris les os –, et orchestrent la signalisation cellulaire par l’activation de récepteurs spécifiques », explique Laura Velásquez Villegas, experte en physiologie, biologie cellulaire et biologie moléculaire. Un nombre croissant d’éléments montre que les AB et leurs récepteurs apparentés (des protéines en charge de recevoir les signaux chimiques provenant de l’extérieur d’une cellule) régulent l’homéostasie squelettique, en produisant un effet direct sur les ostéoclastes et les ostéoblastes, deux types de cellules ayant, respectivement, des effets sur la résorption et sur la formation osseuse ». Le projet du Dr Velázquez Villegas s’intéresse, plus particulièrement, à un récepteur membranaire spécifique des AB, appelé TGR5, qui semble tenir un rôle crucial dans le remodelage osseux.

Le recours à des analogues d’acides biliaires peut-il permettre de restaurer et de maintenir l’homéostasie osseuse?

« Les premières études menées dans notre laboratoire ont montré que des souris dépourvues du récepteur membranaire TGR5 présentent très tôt des symptômes d’ostéoporose », rapporte la chercheuse, qui s’est fixée pour objectif d'élucider le rôle de ce récepteur dans le remodelage osseux. Pour y parvenir, avec son équipe, elle aura recours à un ensemble d’approches qui, combinées, visent à lever le voile sur les mécanismes à l’œuvre, ainsi que sur les potentielles applications thérapeutiques. Plus précisément, l’objectif premier de l’étude est d’examiner de près les conséquences physiques de la suppression du récepteur TGR5, aussi bien dans les cellules ostéoblastes que dans les cellules ostéoclastes des souris. Puis, en utilisant des souris dont les ovaires auront été extraits afin de répliquer les effets d’une ostéoporose due à la ménopause, l’étude évaluera l’effet thérapeutique d’analogues synthétiques, reproduisant l’effet des AB sur le récepteur TGR5. La troisième étape consistera à identifier les fondements génétiques de ces changements dans l’homéostasie osseuse. « Nous cherchons à trouver de nouveaux gènes connectant les AB à la régulation de l'équilibre osseux, précise-t-elle. Cela afin d’identifier de nouveaux biomarqueurs permettant la détection précoce de cette pathologie ». Une fois établis, les résultats du projet seront présentés dans le cadre de réunions scientifiques internationales et soumis pour publication à une revue scientifique prestigieuse spécialisée dans le domaine du métabolisme.

Le vieillissement de la population mondiale laisse présager une augmentation du nombre de patientes souffrant d’ostéoporose. Le soutien à des projets de recherche visant à prévenir et à guérir cette maladie est devenu une priorité. Grâce à son approche innovante, le Dr Velázquez Villegas contribuera, sans aucun doute, à une meilleure compréhension des processus physiologiques associés à la ménopause et à la fragilisation des os. Ses résultats préliminaires ont d’ailleurs d’ores et déjà démontré que l’utilisation d’analogues d’acides biliaires s’avère une stratégie très prometteuse contre l’ostéoporose.