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Santé

Rôle critique de la consommation d'alcool puis du sevrage sur l'activité cérébrale après une attaque ischémique et une thrombolyse

Marina rubio-gomez

Nationality Spanish

Year of selection 2010

Institution INSERM

Country France

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

1 year

60000 €

Quand l’AVC prend de la bouteille

L’accident vasculaire cérébral (AVC) est la deuxième cause de décès dans le monde, et la première cause de handicap acquis chez l’adulte.
Marina Rubio étudie la relation entre le rétablissement d’un AVC et la consommation d’alcool préalable à l’accident, ainsi que les conséquences de cette consommation d’alcool sur le seul traitement à court terme pour l’AVC : la thrombolyse. Ses résultats montrent tout d’abord que la consommation chronique d’alcool provoque des lésions plus importantes lors des AVC, et enfin que les effets bénéfiques de la thrombolyse sont annulés après une exposition chronique à l’alcool.

L'ABUS D'ALCOOL AGGRAVE LES INFARCTUS CÉRÉBRAUX

L’addiction n’est pas seulement nocive en ellemême. Elle entraîne des complications annexes, aiguisant certaines affections, empêchant certains traitements. La biologiste espagnole Marina Rubio montre ainsi l’effet délétère d’une consommation excessive d’alcool sur les infarctus cérébraux, ou accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques. Troisième cause de mortalité dans les pays développés, ils surviennent quand un caillot de sang bouche une artère et empêche brutalement le flux sanguin d’irriguer une partie du cerveau.
En 2009, Marina Rubio quitte l’Espagne, où elle vient d’obtenir son doctorat, pour rejoindre en Normandie la plateforme d’imagerie biomédicale CYCERON.
Elle y intègre une équipe de recherche de l’INSERM (« Serine protéases et physiopathologie de l’unité neurovasculaire »), dirigée par le Professeur Denis Vivien, spécialisée dans les AVC. « Mais je voulais continuer à travailler sur l’alcoolisme, qui était au coeur de ma thèse », précise-t-elle. Elle définit donc un projet de recherche qui allie les deux mondes. Son originalité ? « L’alcool a toujours été étudié comme un facteur de risque de faire un AVC, pointe la scientifique. Je pose une autre question : une personne qui boit va-t-elle faire un AVC plus grave ou moins grave qu’une personne qui ne boit pas ? Et sa façon de consommer influence-t-elle l’AVC dont elle va souffrir ? »

Pendant douze mois, la chercheuse examine les conséquences d’un AVC chez des souris soumises à différents protocoles d’administration d’alcool : abstinence, prise épisodique, hyperalcoolisation de type “binge drinking”, surconsommation quotidienne, sevrage... Les premiers résultats tombent.
“Tous les types de consommation d’alcool que nous avons évalué, particulièrement l’alcoolisme chronique, ont un effet aggravateur très important sur le volume des lésions consécutives à un AVC. Elles peuvent être jusqu’à deux fois supérieures à celles des animaux abstinents.”
En parallèle, Marina Rubio s’intéresse à la thrombolyse, le seul traitement aujourd’hui disponible pour les AVC. Il consiste à injecter au patient un produit qui dissout les caillots, appelé activateur tissulaire du plasminogène ou tPA. Le sang peut ainsi irriguer de nouveau le cerveau et réalimenter les cellules cérébrales. Mais cette molécule a deux faces : bénéfique dans les vaisseaux sanguins, elle s’avère toxique quand elle pénètre dans les neurones. C’est donc un traitement risqué. Aujourd’hui, seuls 5% des patients peuvent en bénéficier.
Marina Rubio cherche à comprendre comment la consommation d’alcool, qui aujourd’hui ne fait pas partie des éléments à vérifier pour engager le traitement d’un patient, va impacter cette thrombolyse. Là encore, l’observation confirme les craintes. “Nous avons déjà pu déterminer que les souris qui ont bu voient les bénéfices potentiels de la thrombolyse annulés, c'est-à-dire que le tPA ne va pas réussir à réduire leurs lésions”, signale la chercheuse.
Pourquoi ? C’est le prochain mystère que Marina Rubio devra résoudre. Elle tentera ensuite de trouver comment annuler ce phénomène sur des souris, avant de présenter un projet clinique qui permettra de vérifier les résultats sur l’Homme. Avec l’espoir que la thrombolyse pourra, à terme, être proposée sans danger aux patients qui auront avalé quelques verres de trop.

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