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Socio-Economie

Les attitudes culturelles influencent-elles le marché de l'assurance dommages ? Le cas de la Chine

Michael R. powers

Nationality American

Year of selection 2013

Institution Tsinghua SEM

Country China

Risk Socio-Economie

AXA Projects

3 years

362000 €

La protection des biens personnels : une affaire de culture ?

Si vous aviez davantage d’argent ou d’autres ressources financières de côté, seriez-vous plus enclins à prendre certains risques ? C’est une possibilité, mais ce comportement ne serait pas le même selon votre culture, votre environnement social ou l’état du marché. En effet, le professeur Michael Powers a découvert que les étudiants chinois les plus riches avaient tendance à prendre moins de risques que leurs homologues américains. Cela peut refléter des changements importants dans la société chinoise actuelle. Comprendre ce phénomène pourrait avoir des applications sur les économies en évolution rapide, particulièrement sur les politiques gouvernementales et les prises de décision des entreprises. Michael Powers et son équipe ont donc décidé d’étudier le marché chinois de l’assurance dommages.
En Chine, le patrimoine personnel des individus est majoritairement composé de propriétés physiques, dont de l’immobilier et des véhicules, et non d’actions et obligations. « Cela pourrait mener à davantage d’aversion face au risque car ces investissements peuvent être endommagés lors d’incendies, de séismes ou d’autres événements physiques, » explique le professeur Michael Powers. C’est la raison pour laquelle, selon lui, les citoyens chinois gagneraient à investir davantage dans des assurances dommages. Grâce à ses recherches sur l’assurance automobile chinoise, il est parvenu à identifier les facteurs en jeu dans ce marché et à établir pour la première fois dans ce type de recherche une distinction entre les différents types de risques comportementaux, autrement appelés « moraux ».
La différence la plus frappante entre le marché chinois et des marchés similaires, tel que le marché taïwanais, est l’absence du risque moral qui entre parfois en jeu dans les accidents de voiture. Source de négligence, ce type de risque survient chez des personnes qui conduisent en faisant moins attention car elles se savent protégées par une assurance. L’une des raisons qui pourraient expliquer que ce type de risque n’est pas observé en Chine est que la population s’éloigne de plus en plus de son mode de vie rural traditionnel. En ville, les individus ont tendance à gagner davantage d’argent, mais pourraient ressentir la perte du soutien financier qu’assurait auparavant leur communauté. Se sentant donc plus vulnérables, ces nouveaux arrivants en ville pourraient ne pas retirer le même niveau de confort psychologique en achetant un produit d’assurance que celui des contractants de marchés plus matures, explique le professeur.
L’équipe de Michael Powers a développé de nouvelles techniques pour analyser les données économiques des compagnies d’assurance, notamment les couvertures vendues, les premiums reçus et les pertes remboursées. Alors que davantage de données sont disponibles, les chercheurs s’attendent à découvrir d’importantes différences entre le marché chinois et d’autres marchés. Plusieurs facteurs indiquent que le marché chinois de l’assurance dommages serait mûr pour se développer. Le fait qu’il n’ait pas connu de croissance très rapide pourrait indiquer que le gouvernement gagnerait à accélérer le processus à l’aide de subventions, comme il l’a déjà fait pour le secteur agricole. Comprendre les mécanismes du marché de l’assurance dommages, soit les interactions entre les personnes, les entreprises et l’Etat, est une première étape nécessaire. Il devrait ensuite être possible de développer des pratiques contribuant à la réduction des risques à tous les niveaux de la société.

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