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Santé

Réparer une inflammation des « tuyaux » pourrait réduire ou prévenir le diabète

Rafael Arrojo E drigo

Nationality Brazilian

Year of selection 2015

Institution Nanyang Technological University

Country Singapore

Risk Santé

Post-Doctoral Fellowship

2 years

120000 €

Avec l'âge, même les individus en bonne santé sont confrontés aux risques de diabète. Associée à un vieillissement normal de l'organisme, cette maladie représente un fardeau considérable pour les individus et systèmes de santé et fait partie des dix principales causes de mortalité dans le monde. Le diabète se développe principalement au niveau du pancréas, l'organe responsable de la régulation de la glycémie via la sécrétion d'insuline dans l'organisme. Lorsqu'un dysfonctionnement apparaît au sein des cellules β responsables de la production d'insuline, l'organisme rencontre des difficultés pour réguler sa glycémie. Ce phénomène est en effet observable chez les personnes vieillissantes, chez qui les cellules β ne parviennent pas à fonctionner correctement, entraînant des dysfonctionnements aux conséquences dangereuses pour l'organisme. Le Dr. Rafael Drigo soupçonne l'existence d'un lien entre cette défaillance et l'interaction entre cellules β et les vaisseaux sanguins alentours, l'inflammation vasculaire en particulier. Ses recherches visent à identifier la cause de cette inflammation, avec l'espoir d'aboutir ensuite à un nouveau traitement du diabète.

Les cellules β du pancréas sont organisées sous forme de structures appelées îlots de Langerhans. Chez les personnes vieillissantes, on observe une inflammation des vaisseaux sanguins qui irriguent les ilôts. Ceci peut par la suite générer des problèmes au niveau des cellules β. Comme des lésions dues à un traumatisme répété, ces problèmes s'aggravent avec le temps. Et pourtant, en inversant l'inflammation des vaisseaux, ou en remplaçant ces vaisseaux par de nouveaux, il est possible d'obtenir un effet rajeunissant sur les îlots. Comme l'illustre le Dr. Drigo au sujet du pancréas chez les sujets diabétiques : « c'est comme si la maison était en bon état, et qu'il suffisait de remplacer la tuyauterie ». Pour pouvoir procéder à ces rénovations, il doit d'abord identifier les causes de cette inflammation aux effets nocifs. L'hypothèse du Dr. Drigo implique une molécule pro-inflammatoire appelée apo-C3. La circulation constante d'apo-C3 dans le sang au cours d'une vie entière pourrait contribuer à des dommages répétés au niveau des vaisseaux sanguins, et par conséquent, à des effets négatifs sur les cellules β. Pour lui, la prochaine étape ne fait aucun doute : « En arrivant à réduire la quantité d'apo-C3 de manière significative, j'espère réussir à réduire l'inflammation et à améliorer, voire à empêcher, l'insuffisance des cellules β liée à l'âge. »

Ses méthodes vont à l'encontre de l'approche la plus courante dans la recherche contre le diabète, où les cellules du pancréas sont en général étudiées in vitro, et donc non soumises aux signaux provenant du cerveau, du foie et du reste de l'organisme. « En réalité, nous devons savoir comment ces cellules fonctionnent dans l'organisme pour savoir ce qui entraîne leur insuffisance dans ce milieu, » explique-t-il. La meilleure manière d'observer ce phénomène chez un animal vivant est par la cornée transparente de l'œil. Après une opération de chirurgie mini-invasive visant à implanter des cellules des îlots de Langerhans dans l'iris, des vaisseaux sanguins se développent et fixent les cellules. Au fur et à mesure que les souris étudiées vieilliront, le Dr. Drigo pourra effectuer un suivi des îlots et observer l'évolution des échanges entre vaisseaux sanguins et cellules β. Il verra le fonctionnement des cellules individuelles de l'îlot, et pourra enregistrer toute modification de la structure des vaisseaux. Cet environnement lui permettra de tester l'impact d'un traitement visant à réduire la concentration d'apo-C3 inflammatoire sur les îlots vieillissants. « Si nous détectons une amélioration, cela veut dire qu'il y a un lien entre cette molécule, la fonction des cellules β et le diabète. »

Une telle nouvelle aurait un impact considérable sur les traitements du diabète, car des médicaments visant à réduire les concentrations d'apo-C3 sont déjà étudiés pour traiter d'autres maladies. Si les liens entre cette protéine et des troubles du métabolisme et du système cardiovasculaire ont déjà été formellement établis, aucune étude ne s'est encore penchée sur le rôle d'apo-C3 dans le cadre du vieillissement et du diabète. Le Dr Drigo espère que ces produits aux propriétés anti-inflammatoires pourront être réutilisés dans un cadre clinique, sans avoir à retourner à la « case départ » et entamer un processus long et coûteux de mise au point de médicament. Ses travaux pourraient révolutionner la recherche sur le diabète, avec des conséquences rapides sur la vie de nombreux patients.

Titre scientifique : Apo-C3 intervient dans le vieillissement de la vascularisation des îlots de Langerhans

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