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Environnement

Dans l'Antarctique, la fonte de la calotte glaciaire menace d'élever le niveau des mers

Sarah thompson

Nationality British

Year of selection 2016

Institution Geography College of Science Swansea University

Country United Kingdom

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

2 years

130000 €

La calotte glaciaire de l’Antarctique contient 30 millions de kilomètres3 de glace. Si elle venait à fondre, les scientifiques estiment que le niveau des mers s’élèverait d’environ 60 mètres, contre 6 mètres pour la calotte glaciaire du Groenland. À la différence du Groenland, où la masse de glace se réduit à une vitesse inquiétante, l’Antarctique n'a pas encore subi de réchauffement dramatique. Toutefois, en conséquence du réchauffement atmosphérique accéléré, près de 20 % des plateformes de glace de l’Antarctique – les parties flottantes de la calotte glaciaire – ont disparu au cours des 50 dernières années. Du fait que ces épaisses plateformes de glace flottantes agissent comme des stabilisateurs et empêchent la calotte glaciaire intérieure de se déplacer trop rapidement dans l’océan, la situation de l’Antarctique devrait probablement connaître une aggravation exponentielle. Pour faire comprendre ce que nous réserve l’avenir, le Dr Sarah Thompson développe une analyse de vulnérabilité et classe les plateformes de glace selon la probabilité de leur disparition et l’amplitude de leur contribution potentielle à l’élévation du niveau des mers. Son objectif consiste à évaluer la probabilité et les conséquences potentielles de la désintégration des plateformes de glace du continent.

Une plateforme de glace se forme lorsqu’une calotte glaciaire dérive vers un littoral et à la surface de l’océan. Une fois formées, ces plateformes renforcent et stabilisent l’écoulement de la glace venant de l’intérieur vers l’océan. « Les plateformes de glace elles-mêmes ne contribuent pas à l’élévation du niveau des mers », explique le Dr Sarah Thompson. « Mais elles retiennent de grands volumes de glace qui le peuvent. » « Environ 50 % du littoral de l’Antarctique comprend des plateformes de glace et plus de 70 % de la glace venant de la calotte glaciaire qui repose sur terre passe à travers ces plateformes de glaces. » Alors même que les scénarios les plus conservateurs prévoient un réchauffement notable de l’Antarctique au cours du XXIe siècle, les scientifiques craignent que les plateformes de glace du continent ne disparaissent et que les glaciers de l’Antarctique ne fondent dans la mer. Si cela se produit, la contribution de l’Antarctique à l’élévation du niveau des mers pourrait devenir préoccupante. Mais, prévoir la disparition de la plateforme de glace est complexe. « Il est reconnu que les zones de suture de la glace marine peuvent abriter l’eau de fonte destructrice qui s’attaque aux plateformes de glace », explique le Dr Sarah Thompson. « Toutefois, nous ne savons pas à l’heure actuelle si, avec une augmentation des températures de l’atmosphère et des océans, ces zones de suture peuvent fondre plus rapidement que la plateforme de glace environnante, et faciliter ainsi la rupture. » L’étude examinera l’hypothèse selon laquelle les zones de suture jouent un rôle fondamental dans la stabilisation des plateformes de glace dans toute l’Antarctique.

Évaluation du rôle stabilisateur des zones de suture sur les plateformes de glace de l’Antarctique

En effet, afin d’évaluer la probabilité de la disparition des plateformes de glace de l’Antarctique, le Dr Sarah Thompson étudiera non seulement les forces destructrices en jeu, mais également les forces constructrices. Son étude examinera notamment les propriétés, la géométrie et la répartition spatiale des zones de suture – des sections interstitielles étroites de plateformes de glace composées principalement de glace marine. À l’aide d’images satellite, le Dr Sarah Thompson et son équipe procéderont également à la cartographie des autres caractéristiques structurelles affectant la stabilité des plateformes de glace, telles que les fissures et les crevasses de base. Les chercheurs cartographieront également la répartition spatiale et la fréquence des mares de fonte en surface. De plus, ils utiliseront également les données existantes sur le volume des glaces et la rapidité des glaciers qui reposent sur terre pour évaluer l’ampleur de la disparition des différentes plateformes de glace. Enfin, l’étude identifiera, si possible, les plateformes de glace climatiquement vulnérables en fonction de leur position géographique, à l’aide de modèles actuels de réchauffement atmosphérique et océanique.

« En comprenant mieux les facteurs contribuant à la stabilité des plateformes de glace, nous pouvons améliorer nos prévisions sur la future élévation du niveau des mers », explique le Dr Sarah Thompson. « En étudiant la stabilité des plateformes de glace de l’Antarctique, mon objectif est de contribuer à la création de modèles plus précis et, par conséquent, à une meilleure réponse. » En s’appuyant sur une étude réalisée sur une plateforme de glace appelée Larson C, l’étude du Dr Sarah Thompson vise à examiner dans quelle mesure les processus et les caractéristiques contribuant à la stabilité de la plateforme de glace sur Larson C contrôlent d’autres plateformes de glace. En aidant à améliorer les prévisions de la chronologie et de l’ampleur de la future élévation du niveau des mers, ses conclusions contribueront à mieux atténuer les changements à venir et à mieux s’y adapter.