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Santé

Nouveau facteur à l'origine des maladies immunitaires : les lymphocytes B révèlent leurs multiples visages

Simon fillatreau

Nationality French

Year of selection 2015

Institution Université Paris Descartes - Paris V

Country France

Risk Santé

Chairs

10 years

1000000 €

Le système immunitaire de l'homme est une machine absolument fascinante qui sait s'adapter avec souplesse aux innombrables attaques qu'elle rencontre, tout en neutralisant chacune d'entre elles avec une grande précision. Pourtant, il arrive parfois que ce système rencontre un « bug » avec pour conséquence l'apparition de maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques, le diabète de type 1 ou les allergies chroniques. De plus en plus courantes, ces maladies se déclarent en général chez l'enfant ou le jeune adulte et se prolongent durant la vie entière. Si la recherche scientifique a déjà permis de révéler de nombreuses informations concernant ces maladies, nous assistons actuellement à un changement de paradigme en ce qui concerne les différents acteurs du système immunitaire. Dans ce domaine, le Professeur Simon Fillatreau fait figure de pionnier. Il a pour objectif de mieux comprendre la diversité existant au sein même d'une classe de cellules immunitaires qu'il pense être à l'origine de ces maladies, et de mettre les connaissances pré-cliniques au service des patients.

Le Professeur Fillatreau se penche sur les lymphocytes B du système immunitaire. Si certaines de ces cellules produisent des anticorps spécifiques à chaque corps étranger, d'autres présentent des échantillons de ces envahisseurs à d'autres cellules qui se chargent de les détruire. Chez des patients atteints de certaines maladies auto-immunes, on a pu observer un impact positif des traitements ayant pour effet d'épuiser les stocks de lymphocytes B, ce qui indique que ces cellules participent au développement de la maladie. Le Professeur Fillatreau a fait partie des premiers chercheurs à identifier un des grands coupables : un troisième type de lymphocyte B. Ces lymphocytes synthétisent des messagers moléculaires appelés « cytokines » qui influencent le comportement des autres cellules. Les messagers favorisant l'apparition d'une inflammation ont également un rôle moteur dans le développement de certaines maladies qui, jusqu'à présent, étaient uniquement associées à d'autres acteurs du système immunitaire, les lymphocytes T.

Convaincu que les lymphocytes B, via les cytokines, ont un effet sur d'autres cellules (notamment les lymphocytes T) elles-mêmes à l'origine de la maladie, le Professeur Fillatreau souhaite rendre possible le développement de thérapies davantage ciblées grâce à une meilleure caractérisation des différents membres de la famille des lymphocytes B. Cette étape est absolument critique, car si certaines cellules synthétisant des cytokines favorisent le développement de la maladie, d'autres ont une fonction protectrice bien identifiée. Travaillant en laboratoire clinique auprès de patients atteints de sclérose en plaques, le scientifique a pour objectif d'isoler des marqueurs propres aux différentes sous-catégories de lymphocytes B afin d'éviter tout épuisement des cellules utiles tout en éliminant les indésirables. Un suivi des stocks de lymphocytes B chez les patients pourrait contribuer à cibler les personnes chez qui une thérapie d'épuisement de ces cellules aurait un effet global positif. Le Professeur Fillatreau étudiera également le comportement des lymphocytes T à l'origine des maladies, dans le cas où les lymphocytes B, au rôle moteur, sont davantage actifs, ou encore lorsque d'autres lymphocytes B, au rôle protecteur, sont moins actifs, comme c'est le cas pour la sclérose en plaques. L'émergence, dans ce cas précis, d'un nouveau groupe de lymphocytes T pathogènes est une possibilité qu'il est le premier à envisager.

Fort de ses nouvelles connaissances sur les lymphocytes B accumulées tout au long du projet, le Professeur Fillatreau pourra également mieux comprendre leur rôle dans le cas des allergies. De plus en plus de personnes sont en effet sujettes aux allergies chroniques (l'Organisation mondiale de la Santé prévoit qu'au moins 50% de la population mondiale souffrira d'au moins une allergie en 2050) et les lymphocytes B, via leurs cytokines, pourraient elles aussi contribuer à leur apparition. Le Professeur a pour objectif de créer un centre destiné à sensibiliser aux rôles divers et pour l'instant méconnus des lymphocytes B, et de développer des outils thérapeutiques innovants pour tout un ensemble de maladies du système immunitaire aux conséquences lourdes sur la santé.

Titre scientifique : Chaire AXA « Immunologie translationnelle »

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