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Socio-Economie

Or antique authentique ou or antique en toc ?

Verena leusch

Nationality German

Year of selection 2015

Institution Reiss-Engelhorn-Museen

Country Germany

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

2 years

120000 €

L'or est le métal précieux le plus intemporel, et pourtant il a évolué au fil du temps. Les objets en or modernes n'ont pas été travaillés de la même façon et n'ont pas non plus la même composition que l'or travaillé lors de l'Antiquité. Cette différence est une aubaine pour le docteur Verena Leusch : elle s'appuie sur celle-ci pour mener des expériences chimiques dignes d'une détective, tant pour le monde de l'art actuel que pour les archéologues qui se penchent sur le passé. Sa recherche contribue à l'authentification d'artefacts, un service crucial pour les musées, les historiens et la compréhension du passé par la société. En effet, selon ses propres termes, « tout ce qui brille n'est pas de l'or antique. »

La connaissance des cultures antiques est un élément important pour pouvoir dater les artefacts. Par exemple, l'or naturel est en réalité un mélange d'or, d'argent et de cuivre, et l'on estime que l'on a commencé à savoir raffiner l'or au VIe siècle avant notre ère. Lorsqu'une excavation révèle une découverte qui semble bien plus ancienne mais qui est faite d'or particulièrement pur, les archéologues doivent alors remettre en question soit leurs suppositions sur les techniques des civilisations passées, soit l'authenticité de la découverte. En analysant un ensemble d'artefacts tels que des pièces ou des ornements issus de collections de musées, Verena Leusch pourra déterminer si la pureté de l'or peut être utilisée comme un marqueur de contrefaçon. Son travail est inédit au vu du nombre d'objets qu'elle compte étudier : environ 200 artefacts que l'on sait authentiques, issus d'Europe et du Moyen-Orient et fabriqués sur un millénaire, jusqu'à l'an 500 avant notre ère.

L'or ne se corrodant pas, la composition des artefacts peut être mesurée directement à leur surface. La chercheuse utilisera une technique précise et rapide, l'analyse par fluorescence à rayons X, qui lui permettra d'obtenir l'information qui indique la pureté de l'or utilisé dans différents lieux et à différentes époques. Elle observera ensuite les éléments présents à l'état de trace dans l'or, comme le platine ou l'étain. Ces éléments sont des vestiges de l'origine géologique ou du processus de travail de l'or, comme « l'empreinte digitale de l'atelier ». Les caractéristiques de ces éléments diffèrent de façon significative entre les antiquités authentiques et les contrefaçons, explique la chercheuse.

Dépasser l'analyse isolée d'objets pris individuellement permettra à Verena Leusch de dresser un panorama du travail de l'or antique et ainsi d'offrir les connaissances nécessaires à l'authentification de pièces potentiellement inestimables pour notre histoire culturelle. Cette question est d'une haute importance pour les musées et leurs mécènes car des vitrines et dispositifs coûteux sont mis en place pour exposer des artefacts que l'on pense authentiques. Discerner les objets authentiques des contrefaçons est également essentiel pour les assureurs qui couvrent ces objets constituant notre patrimoine commun. Le docteur Verena Leusch ajoute une importante conséquence corrélée à son travail : une meilleure compréhension de notre passé commun, par tous.

Titre scientifique : Tout ce qui brille n'est pas de l'or antique : étude scientifique sur l'or antique et les contrefaçons modernes

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