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Socio-Economie

Donner des moyens financiers aux agricultrices dans le Sud du Nigeria

Vivian ugwuja

Nationality Nigérianne

Year of selection 2017

Institution University of Port Harcourt

Country Nigeria

Risk Socio-Economie

Post-Doctoral Fellowship

2 years

60000 €

En Afrique subsaharienne, près d’un adulte sur cinq ne possède pas de compte bancaire. Cette exclusion financière aggrave considérablement le risque de marginalisation sociale. Et ce n’est pas le seul argument en faveur de l’inclusion financière. Les services bancaires apportent également des bénéfices économiques aux communautés à faibles revenus, sans parler des avantages commerciaux pour les organismes financiers. Les segments de la population concernés sont avant tout les couches sociales aux revenus les moins élevés, les producteurs ruraux, les travailleurs de l’économie parallèle, mais aussi, et surtout, les femmes. Au Nigeria, 84 % d’entre elles ne possède pas de compte bancaire, et ce, malgré le rôle primordial qu’elles jouent dans l’économie agricole du pays. Le Dr Vivian Ugwuja, chercheuse postdoctorale en Économie Agricole à l’Université de Port Harcourt, s’intéresse de près à la relation spécifique que les agricultrices du sud du Nigeria entretiennent avec la microfinance. Plus précisément, elle cherche à savoir si l’utilisation de services bancaires en ligne peut répondre à leur problème d’accès aux services financiers. Son objectif est de concevoir un modèle de politiques efficaces et durables dans le domaine des services bancaires en ligne, adapté aux besoins spécifiques des ménages agricoles dirigés par des femmes.

Favoriser l'inclusion financière des femmes nigérianes

L’accès à la microfinance a été reconnu comme étant un enjeu crucial en ce qui concerne l’émancipation des femmes, explique le Dr Vivian Ugwuja. Malheureusement, de nombreux obstacles existent au Nigeria, les principaux étant la pertinence des organismes microfinanciers (IMFs), leur diffusion et leur impact ». « Dans le pays, les femmes sont généralement isolées des informations venant de l’extérieur, cela à la fois intentionnellement et en raison de facteurs discriminatoires tels que le manque de liberté de mouvement ou le faible niveau d’éducation ». Pour remédier à cette situation, Vivian Ugwuja compte sur le potentiel des technologies de l’information et de la communication (TICs), en d’autres termes les services de télécommunication. « Des milliers d’IMFs dans le monde sont en train de réaliser que pour intensifier leur activité et assurer la portée ainsi que la viabilité maximale des IMFs, il faut exploiter le potentiel des technologies de l’information et de la communication ». En microfinance, ces technologies sont utilisées dans le cadre de nombreuses opérations quotidiennes : transferts de fonds, systèmes de commerce électroniques pour exécuter des paiements, plateformes de microcrédits, systèmes de notification des clients, systèmes de micro-assurances liés à la production des fermiers et aux activités marketing, inscription de clients via SMS, etc. « Les TICs ouvrent pour les femmes une fenêtre directe sur le monde extérieur. L’information circule vers elle sans aucune distorsion, ni aucune censure. Les TICs permettent une plus grande inclusion financière. Elles peuvent également améliorer la capacité du gouvernement à surveiller et évaluer les services financiers fournis aux clients ruraux, ainsi qu’à concevoir des politiques et des régulations financières efficaces pour ce secteur ».

Évaluer les risques encourus par les clients, mais aussi les banques

Alors, comment au juste ces TICs peuvent-elles être utilisées afin de mieux intégrer les femmes ? « C’est là le cœur de mes travaux : générer des informations pertinentes sur la manière d’inclure les femmes financièrement, tout en les protégeant, insiste-t-elle. Les risques encourus avec les banques en ligne ne sont pas les mêmes qu’avec des banques traditionnelles. Il y en a davantage, ils sont d’une plus grande diversité et plus difficiles à éviter. Afin de concevoir de meilleures politiques bancaires, ces risques doivent être identifiés, et non pas uniquement ceux auxquels sont exposés les clients, mais les banques aussi ». Pour mener son enquête, le Dr Ugwuja conduit une collecte extensive de données sur un total de 480 agricultrices vivant dans le sud du Nigeria, ainsi que 180 employés de banque. Afin de s’assurer que l’étude reflète la diversité des situations dans cette vaste région, les participants sont répartis de manière uniforme au sein des trois zones géopolitiques de la région, puis des états, des zones et des communautés agricoles. L'étude poursuit les objectifs suivants : examiner les conditions de l’accès aux produits en ligne, étudier les produits en ligne disponibles et leur impact sur les agricultrices, faire la différence entre celles qui ont un accès aux services et celles qui n’en ont pas, identifier les risques auxquels sont exposés celles qui en disposent et déterminer des mesures de mitigation.

La microfinance s’avère très prometteuse pour les micro-entrepreneurs, avant tout parce qu’elle permet l’investissement de petits crédits dans les entreprises, qui vont produire des recettes qui sont ensuite réinvestis, jusqu’à extraire progressivement les petits exploitants de la pauvreté. Cependant, rien de tout cela n’est possible, si les entrepreneurs en question n’ont pas connaissance de ces services, n’y ont pas accès ou s’exposent à de trop grands risques. En ce sens, le projet ambitieux du Dr Vivian Ugwuja revêt une importance primordiale en vue de créer un pont solide et viable entre les institutions de microfinance et les petites entreprises dirigées par des agricultrices dans le sud du Nigeria.