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Environnement

Paléoécologie et risques environnementaux des écosystèmes forestiers

Walter finsinger

Nationality Italian

Year of selection 2008

Institution Université Montpellier 2

Country France

Risk Environnement

Post-Doctoral Fellowship

1 year

60000 €

Biographie
J’ai obtenu mon diplôme à l’université de Pise (Italie) en 1998, où j’étudie les modelés superficiels (moraines fossiles, glaciers rocheux) de haute altitude dans les Alpes maritimes franco-italiennes. Après une courte interruption au cours de laquelle j’ai choisi d’effectuer un service civil dans un parc naturel proche de Pise, je poursuis dans la direction qui m’intéresse, la paléoécologie, à l’université de Berne (Suisse), tout d’abord avec le soutien du canton de Berne, puis une bourse doctorale. Ensuite présent à Utrecht (Pays-Bas) en qualité de chercheur post-doctorant, j’entreprends l’étude de divers sujets, parmi lesquels (i) les reconstructions quantitatives des climats passés à l’aide des pollens conservés, (ii) la réponse des plantes au changement du taux de CO2 au cours des 1 000 dernières années, et (iii) les réponses biotiques aux évolutions du climat, de l’utilisation des sols et du régime d’incendie.

Recherches
Les forêts boréales (constituées de conifères, autour du cercle Arctique) et les forêts de montagne européennes sont toutes exposées à un risque d’incendie sérieusement accru du fait des changements climatiques actuels. Il est crucial de quantifier ce risque pour gérer les forêts riches en bois naturel de manière durable. En pratique, bien qu’elles ne représentent qu’un tiers environ des forêts mondiales, les forêts boréales fournissent autour de 90 % des ressources du secteur du bois et du papier. Par ailleurs, elles constituent un enjeu sociétal majeur concernant le stockage du carbone terrestre : les forêts agissent comme des réservoirs de carbone à long terme (le carbone s’accumule dans les sols organiques et dans la tourbe), mais peuvent aussi participer aux échanges de carbone entre la biomasse et l’atmosphère en cas de perturbations naturelles (incendies, ravageurs, maladies) ou anthropiques (abattage industriel).
Pour formuler une estimation du risque et prévoir les incendies potentiels imputables aux changements climatiques, il est essentiel de comprendre les processus qui influencent les variations de fréquence des feux. Aujourd’hui, deux hypothèses différentes sont débattues : soit (i) le changement climatique agit directement sur la fréquence des incendies sans modification préalable de la composition de la végétation, soit (ii) le changement climatique entraîne une adaptation de la couverture végétale et donc des combustibles, ce qui joue sur la fréquence des incendies. J’entends vérifier si les changements de fréquence des feux sont liés à l’évolution de la couverture végétale, en termes de nature et de diversité. Comme les processus qui opèrent sur les écosystèmes ne peuvent pas être déchiffrés uniquement par l’observation et le suivi des écosystèmes modernes (une échelle chronologique de plusieurs décennies est trop « courte »), j’utiliserai les archives de la végétation fossile et de l’évolution de la fréquence des feux pour faire des observations sur le long terme (échelles étendues de plusieurs millénaires).
Ces observations auront lieu au Canada, où les activités humaines ont eu peu d’incidences sur la région, et ne camouflent donc pas les mécanismes naturels. En pratique, j’utiliserai les sédiments lacustres accumulés pendant les quelque 10 000 années passées comme des archives naturelles de microfossiles (grains de pollen et particules de charbon de bois). La quantification de ces microfossiles à différentes profondeurs dans les carottes de sédiments lacustres permet de reconstruire l’histoire de la composition de la végétation et la fréquence des feux. La datation au carbone 14 des sédiments présents à ces diverses profondeurs permet d’assigner un âge précis à chaque échantillon analysé. Les forêts boréales canadiennes sont très proches des forêts de montagne européennes, en termes de genres et espèces de végétaux et de services écologiques. Ces travaux contribueront donc à la quantification des risques engendrés par les perturbations en Europe, où la densité des territoires plantés de forêts vulnérables aux incendies est en hausse en raison des sols laissés inutilisés et de l’exode rural qui affectent les régions montagneuses depuis le début du XIXe siècle.

Financement AXA

Le financement du Fonds AXA pour la Recherche est essentiel à ce projet, qui sera mené en collaboration avec un consortium de recherche international (franco-canadien). Ce soutien m’offre ainsi la possibilité d’entrer en contact avec plusieurs scientifiques, pour échanger des idées avec eux et contribuer à leurs projets en cours (p. ex. CLIMAFEUX, RESILIENCE) à l’aide de mes travaux. Cela m’aidera à approfondir mes axes de recherche visant une meilleure gestion (durable) des écosystèmes.

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